On reconnaît Dieu dans l’humanité de Jésus et de nos frères

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24 août 2021

Chers frères et sœurs, bonjour!

L’Evangile de la liturgie d’aujourd’hui (Jn 6, 60-69) nous montre la réaction de la foule et des disciples au discours de Jésus après le miracle des pains. Jésus a invité à interpréter ce signe et à croire en Lui, qui est le vrai pain descendu du ciel, le pain de vie; et il a révélé que le pain qu’Il donnera est sa chair et son sang. Ces paroles retentissent durement et de manière incompréhensible aux oreilles des personnes, au point que, à partir de ce moment-là — dit l’Evangile —, un grand nombre de ses disciples reviennent en arrière, c’est-à-dire qu’ils cessent de suivre le Maître (vv. 60.66). Jésus interpelle alors les Douze: «Voulez-vous partir, vous aussi?»
(v. 67), et Pierre, au nom de tout le groupe, confirme la décision de rester avec Lui: «Seigneur, à qui irons-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle. Nous, nous croyons, et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu» (Jn 6, 68-69). C’est une belle confession de foi.

Arrêtons-nous brièvement sur l’attitude de ceux qui se retirent et décident de ne plus suivre Jésus. D’où naît cette incrédulité? Quel est le motif de ce refus?

Les paroles de Jésus suscitent un grand scandale: Il dit que Dieu a choisi de se manifester lui-même et de réaliser le salut dans la faiblesse de la chair humaine. C’est le mystère de l’incarnation. Et l’incarnation de Dieu est ce qui suscite le scandale et qui représente pour ces personnes — mais souvent également pour nous — un obstacle. En effet, Jésus affirme que le vrai pain du salut, qui transmet la vie éternelle, est sa chair elle-même; que pour entrer en communion avec Dieu, avant d’observer des lois ou de suivre des préceptes religieux, il faut vivre une relation réelle et concrète avec Lui. Car le salut est venu de Lui, dans son incarnation. Cela signifie qu’il ne faut pas rechercher Dieu dans des rêves et des images de grandeur et de puissance, mais qu’il faut le reconnaître dans l’humanité de Jésus et, en conséquence, dans celle des frères et des sœurs que nous rencontrons sur la route de la vie. Dieu s’est fait chair. Et quand nous disons cela, dans le Credo, le jour de Noël, le jour de l’annonciation, nous nous agenouillons pour adorer ce mystère de l’incarnation. Dieu s’est fait chair et sang: il s’est abaissé jusqu’à devenir un homme comme nous, il s’est humilié jusqu’à se charger de nos souffrances et de notre péché, et c’est pourquoi il nous demande de le chercher non pas en dehors de la vie et de l’histoire, mais dans la relation avec le Christ et avec nos frères. Le chercher dans la vie, dans l’histoire, dans notre vie quotidienne. Tel est, frères et sœurs, le chemin pour la rencontre avec Dieu: la relation avec le Christ et nos -frères.

Aujourd’hui aussi, la révélation de Dieu dans l’humanité de Jésus peut susciter le scandale et n’est pas facile à accepter. C’est ce que saint Paul appelle la «folie» de l’Evangile face à celui qui cherche les miracles ou la sagesse mondaine (cf. 1 Co 1, 18-25). Et ce «scandale» est bien représenté par le sacrement de l’Eucharistie: quel sens peut avoir, aux yeux du monde, le fait de s’agenouiller devant un morceau de pain? Pourquoi se nourrir avec assiduité de ce pain? Le monde se scandalise.

Face à ce geste prodigieux de Jésus qui, avec cinq pains et deux poissons, nourrit des milliers de personnes, tous l’acclament et veulent le porter en triomphe, le faire roi. Mais quand il explique lui-même que ce geste est le signe de son sacrifice, c’est-à-dire du don de sa vie, de sa chair et de son sang, et que celui qui veut le suivre doit L’assimiler, assimiler son humanité donnée pour Dieu et pour les autres, alors cela ne plaît pas, ce Jésus nous met en crise. Nous devons d’ailleurs nous préoccuper s’il ne nous met pas en crise, car nous avons peut-être édulcoré son message! Et demandons la grâce de nous laisser provoquer et convertir par ses «paroles de vie éternelle». Et que la Très Sainte Vierge Marie, qui a porté dans sa chair son Fils Jésus et qui s’est unie à son sacrifice, nous aide à témoigner toujours de notre foi à travers la vie concrète.

A l’issue de l’Angelus le Pape a ajouté les paroles suivantes:

Chers frères et sœurs, je vous salue tous, fidèles de Rome et pèlerins de divers pays. De nombreux pays sont présents, je le vois dans les drapeaux…

Je salue en particulier les prêtres et les séminaristes du Collège pontifical d’Amérique du Nord — ils sont là —; ainsi que les familles d’Abbiategrasso et les motocyclistes du Polesine.

Ce dimanche aussi je suis content de saluer divers groupes de jeunes: de Cornuda, Covolo di Piave et Nogaré dans le diocèse de Trévise, de Rogoredo à Milan, de Dalmine, de Cagliari, de Pescantina près de Vérone, et le groupe de scouts de Mantoue. Chers jeunes garçons et filles, un grand nombre d’entre vous ont fait l’expérience d’un long chemin ensemble: que cela puisse vous aider à marcher dans la vie sur le chemin de l’Evangile. Et je salue également les jeunes de l’Immaculée.

Je souhaite à tous un bon dimanche. S’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Bon déjeuner et au revoir!