Le pain essentiel de la vie

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10 août 2021

Chers frères et sœurs, bonjour!

Dans l’Evangile de la Liturgie du jour, Jésus continue à prêcher au peuple qui a vu le miracle de la multiplication des pains. Et il invite ces personnes à faire un saut de qualité: après avoir rappelé la manne, avec laquelle Dieu avait nourri les pères sur le long chemin à travers le désert, il applique à présent le symbole du pain à lui-même. Il dit clairement: «Je suis le pain vivant» (Jn 6, 48).

Qu’est-ce que signifie le pain vivant? Pour vivre, nous avons besoin de pain. Celui qui a faim ne demande pas de la nourriture raffinée et coûteuse, mais il demande du pain. Celui qui est sans travail ne demande pas un gros revenu, mais le «pain» d’un emploi. Jésus se révèle comme le pain, c’est-à-dire l’essentiel, le nécessaire pour la vie de chaque jour, sans Lui, cela ne fonctionne pas. Non pas un pain parmi tant d’autres, mais le pain de la vie. En d’autres termes, sans Lui, au lieu de vivre, nous vivotons: car Lui seul nourrit notre âme, Lui seul nous pardonne ce mal que nous ne réussissons pas à dépasser par nous-mêmes, Lui seul nous fait sentir aimés même si tout le monde nous déçoit, Lui seul nous donne la force d’aimer, Lui-seul nous donne la force de pardonner dans les difficultés, Lui seul donne au cœur cette paix qu’il recherche, Lui seul donne la vie pour toujours quand la vie ici-bas se termine. Il est le pain essentiel de la vie.

«Je suis le pain vivant», dit-il. Restons sur cette belle image de Jésus. Il aurait pu faire un raisonnement, une dé-monstration, mais — nous le savons — Jésus parle en paraboles, et dans cette expression: «Je suis le pain vivant», il résume vraiment tout son être et toute sa mission. On le verra pleinement à la fin, lors de la Dernière Cène. Jésus sait que le Père lui demande non seulement de donner à manger aux gens, mais de se donner lui-même, de se rompre lui-même, de rompre sa propre vie, sa propre chair, son propre cœur, pour que nous puissions avoir la vie. Ces paroles du Seigneur réveillent en nous l’étonnement pour le don de l’Eucharistie. Personne en ce monde, quel que soit son amour pour une autre personne, ne peut se faire nourriture pour elle. Dieu l’a fait, et il le fait, pour nous. Retrouvons cet étonnement. Faisons-le en adorant le Pain vivant, parce que l’adoration remplit la vie d’étonnement.

Dans l’Evangile, cependant, plutôt que de s’étonner, les gens se scandalisent, ils déchirent leurs vêtements. Ils pensent: «Nous connaissons ce Jésus, nous connaissons sa famille, comment peut-il dire: “Je suis le pain descendu du ciel”?» (cf. vv. 41-42). Peut-être est-ce un scandale pour nous aussi: il serait plus pratique pour nous d’avoir un Dieu qui reste dans le Ciel sans se mêler de notre vie, tandis que nous pourrions gérer les affaires d’ici-bas. En revanche, Dieu s’est fait homme pour entrer dans l’aspect concret du monde, pour entrer dans notre aspect concret, Dieu s’est fait homme pour moi, pour toi, pour nous tous, pour entrer dans notre vie. Et tout l’intéresse dans notre vie. Nous pouvons lui raconter nos liens familiaux, notre travail, notre journée, nos souffrances, nos angoisses, tant de choses. Nous pouvons tout lui dire, car Jésus désire cette intimité avec nous. Qu’est-ce qu’il ne désire pas? Etre relégué au rôle de garniture — Lui qui est le pain —, être négligé et mis de côté, ou interpelé seulement quand nous en avons besoin.

Je suis le pain vivant. Nous prenons un repas ensemble au moins une fois par jour; peut-être le soir, en famille, après une journée de travail ou d’étude. Il serait beau, avant de rompre le pain, d’inviter Jésus, pain vivant, de lui demander avec simplicité de bénir ce que nous avons fait et ce que nous n’avons pas réussi à faire. Invitons-le chez nous, prions dans un style «domestique». Jésus sera à table avec nous et nous serons rassasiés d’un amour plus grand.

Que la Vierge Marie, dans laquelle le Verbe s’est fait chair, nous aide à grandir jour après jour dans l’amitié de Jésus, pain de vie.

A l’issue de l’Angelus, le Pape a ajouté les paroles suivantes:

Chers frères et sœurs, je vous salue tous, Romains et pèlerins de divers pays: familles, groupes paroissiaux, associations et fidèles individuels. Je salue en particulier le groupe de la pastorale des jeunes de Vérone, les jeunes de Crevalcore, ainsi que les jeunes de Scandiano et ceux des maisons salésiennes du Triveneto venus à Rome en vélo. Bravo, félicitations!

Je vous souhaite à tous un bon dimanche. S’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Bon déjeuner et au revoir!