
Malgré la fatigue de près d’un mois de travail et d’une dernière conférence de presse devant les journalistes du monde entier, le 26 octobre au soir après l’approbation du Document final du Synode, le cardinal Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg et rapporteur général de cette xvi e Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques a trouvé un peu de temps pour partager sa satisfaction et sa joie de constater qu’une nouvelle dynamique semble enclenchée dans l’Eglise. Ces trois années 2021-2024 et en particulier les deux assemblées d’octobre au Vatican ont été d’une grande richesse à ses yeux, non seulement par la diversité des points de vues et des visages d’Eg-lise, mais également par l’esprit qui a animé les travaux. A la salle de presse du Saint-Siège, le cardinal Hollerich s’était déjà réjoui de voir combien d’une année à l’autre, les travaux avaient évolué, «sans esprit polémique».
«Le Synode des évêques est fini — confie l’archevêque jésuite — mais la dynamique est là. Le Pape justement a changé le Synode, le faisant passer d’un moment événementiel à un processus. C’est exactement ce que nous vivons». «Le Synode à présent rentre dans sa phase d’application — poursuit le cardinal Hollerich — et cela comprend des étapes de discernement, notamment au niveau local».
Interrogé sur son expérience personnelle de père synodal tout autant que l’un des responsables de cette assemblée, nommé par le Pape, le cardinal luxembourgeois répond en souriant que «l’Esprit Saint est bien vivant et au travail». Des mots qui font écho à l’homélie du Pape François lors de la Messe de clôture du Synode, dans la matinée du 27 octobre, évoquant «le majestueux baldaquin du Bernin» tout juste restauré, qui encadre «le véritable point focal de toute la basilique, à savoir la gloire de l’Esprit Saint».
«On n’a pas besoin de se faire du souci pour la vie et la vitalité de l’Eglise, Dieu pourvoira» poursuit le cardinal Hollerich, qui commente la «surprise» du Pape, à savoir la décision de ne pas publier d’Exhortation apostolique post-synodale, considérant que le texte du Document final se suffit à lui-même. Une décision pour le moins synodale à ses yeux: «En fait, il a déjà personnalisé ce qui est déjà écrit dans le document».
Olivier Bonnel