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A Recife au Brésil, un minibus des Filles de la Charité rend leur dignité aux sans-abri

Chercher, trouver et aider ceux qui sont oubliés

 Chercher, trouver et aider ceux qui sont oubliés  FRA-003
18 janvier 2024

La Compagnie des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul, présente dans 97 pays, a célébré tout au long de l'année 2023 le 400e anniversaire de l’inspiration qui poussa Louise de Marillac à fonder la Communauté. Le 4 juin 1623, jour de Pentecôte, Louise de Marillac se rendit à l'église Saint-Nicolas-des-Champs, à Paris, pour prier et suivre la Messe. Elle s’inquiétait de son avenir d’épouse et de mère et doutait de sa foi. Ce jour-là, elle reçut une inspiration à fonder la Communauté connue sous le nom de « Lumière ».

Louise fut éclairée sur la nécessité de rester avec son mari, mais aussi de prononcer les vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance dans une petite communauté dédiée au service des autres. Toutefois, elle ne savait pas comment le faire, en raison de ses nombreux engagements.

Sainte Louise de Marillac comprit qu'elle pouvait vivre en communauté au service des autres, en acceptant Vincent de Paul comme directeur spirituel. Dix ans plus tard, en 1633, ils fondèrent ensemble la Compagnie des Filles de la Charité. Les sœurs se consacraient aux pauvres, aux malades et aux enfants abandonnés, si nombreux à Paris et dans d'autres régions. Aujourd'hui, l'esprit de la Pentecôte continue de guider les Filles de la Charité dans des projets comme le «Micro da Caridade» au Brésil.

Les Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul de la Province de Recife sont engagées dans différentes œuvres sociales, médicales et éducatives dans le nord-est du Brésil. Fidèles à leur charisme et poussées par l'appel du Pape François à aller dans les périphéries, elles ont éprouvé le désir d’aller au-delà de leur travail quotidien pour subvenir aux besoins de leurs frères sans-abri. La vulnérabilité des sans-abri et l’insécurité alimentaire sont des problèmes croissants au Brésil, aggravés en 2020 et 2021 par la pandémie de covid-19.

Le projet «Micro da Caridade» est né d'une action sociale consistant à servir des repas quotidiens aux sans-abri et à effectuer des rondes dans la ville de Recife. L’on a compris la nécessité d'offrir des services d'hygiène de base, comme des sanitaires, des vêtements propres et des soins de santé de base, qui constituaient pour ces personnes un luxe inaccessible.

Grâce à un financement international, un minibus muni de douches, d’une infirmerie et d’un salon de coiffure, a été créé. L'initiative s’adresse à une soixantaine de sans-abri, leur offrant des sanitaires, des vêtements propres, des produits pour l’hygiène personnelle, des soins de santé et un repas, selon le principe chrétien d'assistance humanisée.

Le projet «Micro da Caridade» compte sur la participation de bénévoles de différents domaines, tels que des chauffeurs, des coiffeurs/barbiers, des infirmiers, des médecins et du personnel de soutien. Une fois par semaine ces bénévoles offrent leur temps et leurs compétences, donnant des indications sur les centres d’assistance, comme la «Fazenda da Esperança», et aidant à la réorganisation des documents personnels.

En tant que Filles de la Charité, nous annonçons l'amour miséricordieux de Dieu à travers notre service, en suivant l'exemple de saint Vincent de Paul. Nous collaborons avec d'autres branches de la Famille vincentienne pour promouvoir la charité, en mobilisant les personnes de bonne volonté et en organisant un réseau de services et d'assistance aux pauvres.

C’est un projet de transformation qui cherche à promouvoir la santé et le bien-être, en conformité au troisième objectif du développement durable. Il existe d’autres initiatives similaires coordonnées par des groupes de l’Eglise et des organisations non gouvernementales, toutes ayant comme but de restituer la dignité des personnes méprisées et ignorées par la société.

Les bénéficiaires du projet «Micro da Caridade», disent se sentir accueillis et traités comme des êtres humains. Le projet se diffuse de bouche à oreille, entraînant une augmentation hebdomadaire du nombre de personnes assistées.

Cette idée n'est pas exclusive aux Filles de la Charité car d'autres initiatives semblables coordonnées par des groupes religieux et des organisations non gouvernementales cherchent également à promouvoir le bien-être et la santé pour tous.

Notre service doit être désintéressé, permettant à Dieu d’agir en nous à travers toutes les personnes que nous rencontrons. Nous devons travailler de manière créative avec les autres et être courageuses, engagées, flexibles et ouvertes à la collaboration.

En tant que Filles de la Charité, nous sommes appelées à aider nos frères sans-abri, qu’il s’agisse d’enfants, de jeunes, d’adultes ou de personnes âgées, confrontées à d'autres formes de pauvreté, comme la solitude, l'abandon et l'invisibilité. Nous devons chercher et trouver ceux qui sont oubliés, leur offrir une aide pratique et demeurer fidèles à nos fondateurs, qui ont répondu à l'appel à servir le Christ dans les Pauvres.

#sistersproject