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Samaritaines modernes

 Samaritaines modernes  FRA-031
03 août 2023

Nous souhaitons ouvrir cette fenêtre sur notre congrégation, les Petites sœurs missionnaires de la charité, en citant les paroles de notre fondateur qui, au début du siècle dernier, avant même la Première Guerre mondiale, en rédigeant les constitutions de ses premières femmes consacrées, les invitait à servir «l'homme pour le développement intégral de l'être humain», avec une attention particulière pour les derniers, les plus pauvres et les plus défavorisés. Comme saint Luigi Orione l'a écrit dans la Constitution des Petites sœurs missionnaires de la charité (Psmc), «sa finalité particulière et spéciale est l'exercice de la charité envers les petits enfants du peuple et les pauvres les plus éloignés de Dieu ou les plus abandonnés». Depuis le 29 juin 1915, date de la fondation de la congrégation, d'énormes pas ont été faits, surtout dans certaines réalités, mais l'essentiel de cet objectif n'a pas changé, se concrétisant encore de nos jours dans un esprit d'accueil et de famille dans la simplicité, dans l'assistance et — aujourd'hui toujours plus — dans la compétence professionnelle. Cette attitude a également été réaffirmée dans le thème du xiiie chapitre général de l'institut, tenu en mai 2023: «Etre une “congrégation samaritaine” par le témoignage prophétique d'une nouvelle façon de faire, d'agir et de vivre».

C'est dans cette perspective que nous voulons raconter l'expérience de la mission de Laare, au Kenya. C'est la plus jeune communauté ouverte par les Psmc dans ce pays, la plus petite et la plus éloignée de la capitale. Son objectif est de répondre aux besoins de la population locale, des plus pauvres, des enfants et des porteurs de handicap; à elle seule, elle parvient actuellement à soutenir financièrement toute la délégation «Mère de la Divine Providence». Les sœurs dirigent également une école primaire et un collège, qui permettent aux enfants d'accéder à l'éducation. Parmi les structures éducatives mises en place figure une école maternelle, utile pour accueillir même les plus jeunes et lutter contre la malnutrition dès les premières étapes de la vie. Au niveau de la pastorale, les sœurs collaborent avec la communauté paroissiale locale pour rapprocher les enfants et les jeunes des valeurs chrétiennes, de la fraternité universelle, des sacrements, les faisant participer à la vie de l'Eglise. Il existe également un centre diurne pour enfants porteurs de handicap, pour apporter l'aide et l'assistance aux plus faibles et aux plus méprisés de la société et améliorer leur qualité de vie. De ce point de vue, les religieuses ont marqué profondément la culture et la mentalité africaines, victimes de cet héritage séculaire selon lequel le handicap physique est une raison de scandale et d'exclusion, ce qui ôte toute dignité humaine aux porteurs de handicap.

Pourtant, en août 2008, les sœurs avaient ouvert la mission avec très peu de moyens, beaucoup de bonne volonté et une confiance infinie en la providence divine. Au fil du temps, ces œuvres de Dieu sont devenues de plus en plus puissantes, et grâce à une méthode de travail très efficace, les religieuses missionnaires ont réussi à les rendre indépendantes du point de vue économique, interrompant la logique désormais dépassée de la subsistance, dans le but de garantir la continuité des soins de santé, éducatifs et pastoraux, dussent les bienfaiteurs être contraints d'interrompre leur soutien. «Ce que l'on peut et l'on doit encore sauver pour ramener à Dieu notre société bouleversée — disait Luigi Orione en 1912 — ce sont les jeunes. Ils sont la société de l'avenir: le soleil ou la tempête de l'avenir. Les plus belles espérances de l'Eglise et du monde. Sauvons les jeunes». En termes de soutien économique extérieur, la mission de Laare est en mesure d'aider chaque jour plus de 1.600 enfants et familles. Les religieuses ont également été audacieuses sur le plan concret, et au fil du temps, elles ont ouvert une boutique de couturière qui, en plus d'employer des femmes locales, fabrique des uniformes scolaires et des vêtements liturgiques, dont les bénéfices servent à soutenir cette activité et d'autres de la délégation. Dans le même but, les populations locales ont été formées aux travaux agricoles à travers le soin de la ferme, des champs et du bétail (l'élevage de chameaux, pour le lait et la production de savons naturels, est prédominant).

Nous croyons que le secret du succès est de vivre de charité, servir les plus pauvres d'une manière authentique en s'oubliant soi-même, s'ouvrir aux autres cultures. C'est pourquoi nous avons activé un réseau prometteur de volontariat missionnaire, composé principalement de jeunes qui passent du temps dans la mission, provenant de tous les continents mais surtout d'Italie et de Pologne. Nous croyons que les jeunes sont le sel de la terre et nous voulons les accompagner dans cette merveilleuse expérience de bénévolat. A Laare, les jeunes retrouvent la joie de faire partie de l'Eglise. Chaque année, plus d'une centaine de bénévoles du monde entier viennent ici pour se mettre véritablement au service de la population africaine. Ici, nous vivons la joie du partage surtout avec les pauvres, mais aussi avec la jeune communauté locale et les bénévoles, pour ouvrir nos cœurs et témoigner mutuellement de l'amour et donc de la «puissance» de Dieu.

#sistersproject