· Cité du Vatican ·

L’Evangile en poche

Il n’est de justice que
dans la miséricorde de Dieu

 Il n’est de justice  que dans la miséricorde  de Dieu  FRA-042
20 octobre 2022

Ben Sirac nous présente Dieu comme un juge impartial et chacun espère qu’il est juste. Avec Jérémie, l’idée que chacun soit rétribué selon ses actes fut un progrès pour Israël: «On ne dira plus: les parents ont mangé des raisins verts et les enfants ont eu les dents gâtées!» (Jr 31, 29-30). Quand nous voyons l’oppresseur prospérer en écrasant le pauvre, nous espérons qu’il existera un jour une vraie justice.

En prison, une hiérarchie implicite entre détenus permet de se juger pas si mal comparé à celui qui a fait «pire»! La seule réalité qui puisse finir par l’emporter sur ces jugements, c’est que Dieu seul est juge. Lui reconnaître le monopole du jugement, c’est renoncer à la tentation de prendre sa place. Car si le fait de respecter la Loi ne sert qu’à mépriser celui à qui Dieu veut faire miséricorde, quel sens cela a-t-il? L’idée même de mérite rend imperméable à la grâce et rien n’est pire qu’une fidélité de façade qui donne l’illusion d’accumuler des mérites. Quel triste aumônier je serais si je ressortais de prison le soir en rendant grâce de n’être pas comme ceux que j’ai visités. S’ajuster à la volonté de Celui que nous décrit Ben Sirac, c’est agir comme Lui.

Saint Jacques dit que le jugement est sans miséricorde pour qui ne fait pas miséricorde, mais la miséricorde se moque du jugement (Jc 2, 13). C’est le malheur du pharisien de la parabole qui met son espérance dans une illusion de justice plutôt qu’en la miséricorde de Dieu. Or c’est la mesure dont nous nous servons pour les autres qui servira aussi pour nous (Lc 6, 38).

Quelle énergie nous déployons dans notre vie pour marquer notre différence, nous «distinguer», donner l’apparence de ne «pas être comme les autres hommes»! Notre mépris révèle seulement que nous n’avons pas encore fait l’expérience de cet amour reçu avec confusion, qui ne répond à aucun mérite que nous aurions à faire valoir. C’est pourquoi les publicains et les prostituées nous précèdent dans le Royaume de Dieu (Mt 21, 31)!

Bruno Lachnitt
Aumônier national catholique des prisons de France et d’Outre-Mer

 

Dieu, la foi, me sauvent

Mon sens moral bien trop souvent me condamne, mais la foi

en la Trinité, est espérance, elle me fait renaître;

je sais, Dieu m’accompagne, me donne la force de vivre et la joie;

Il m’a sauvé, dans le passé, pour toujours, de mon mal-être.

Ma foi et le Pardon de Dieu

Je suis un cœur élu, je refuse de me comparer,

de me croire supérieur à un frère hautain ou apeuré;

Dieu, hier, m’a guéri et offert mon Je; Il me comble;

j’accepte Son Pardon; mon intime est rempli de joie et humble.

Frank Widro

L’Evangile en poche

 

Dimanche 23 octobre,
xxxe du Temps ordinaire

Première lecture: Sir 35, 15-17.20-22

Psaume: 33

Deuxième lecture: 2 Tm 4, 6-8. 16-18

Evangile: Lc 18, 9-14