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Présentation de la Lettre aux époux à l’occasion de l’Année «Famille Amoris Laetitiae»

Faire du pardon le ciment de l’amour

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28 décembre 2021

Dimanche 26 décembre, fête de la Sainte-Famille, à l’occasion de l’Année «Famille Amoris Laetitia», le Pape François a publié une lettre adressée aux époux, dans laquelle il exprime sa compassion pour les couples éprouvés par la pandémie, son souci pour les enfants qui ont besoin du témoignage d’amour de leurs parents, la responsabilité pastorale des couples, le soutien du Christ aux couples mariés, sa compassion pour les couples séparés, son encouragement aux jeunes et aux grands-parents.

«Le moment que nous traversons me pousse à m'approcher avec humilité, affection et en accueillant chaque personne, chaque couple marié et chaque famille, dans les situations qui sont les vôtres», écrit le Pape François au début de sa lettre. «Ce contexte particulier nous invite à vivre les paroles par lesquelles le Seigneur appela Abraham à quitter sa patrie et la maison de son père pour une terre inconnue qu’il lui a montrée (cf. Gn 12, 1). Nous aussi, nous avons vécu plus que jamais l'incertitude, la solitude, la perte d'êtres chers, et nous avons été poussés à sortir de nos sécurités, de nos “zones de confort”, de nos façons de faire, de nos ambitions, pour nous soucier non seulement du bien de notre famille mais aussi de celui de la société, qui dépend également de nos comportements personnels», explique l’Evêque de Rome.

Le Pape développe une réflexion sur la responsabilité éducative des parents vis-à-vis de leurs enfants, qui ont «soif d'amour, de reconnaissance, d'estime et de confiance. La paternité et la maternité vous appellent à être géniteurs pour donner à vos enfants la joie de se découvrir enfants de Dieu, enfants d'un Père qui, dès le premier instant, les aime tendrement et les prend chaque jour par la main. Cette découverte peut donner à vos enfants la foi et la capacité de faire confiance à Dieu», assure-t-il. Cette relation n’est pas à sens unique, car les enfants «nous éduquent aussi». «Eduquer, c'est avant tout accompagner les processus de croissance, c’est être présent de multiples façons de telle sorte que les enfants puissent compter sur leurs parents à tout moment».

L’Evêque de Rome insiste sur la dynamique que les couples peuvent faire émerger «au sein de la communauté paroissiale et diocésaine avec leurs propositions et leur créativité, en recherchant la complémentarité des charismes et des vocations comme expression de la communion ecclésiale». Il invite notamment à mettre en valeur «la communion des époux aux côtés des pasteurs, pour marcher avec d’autres familles, pour aider les plus faibles, pour annoncer que, même dans les difficultés, le Christ se rend présent» insiste François.

A travers le sacrement du mariage, le Christ se rend présent et disponible pour les couples, dans les moments heureux comme dans les moments douloureux. «Il prend soin de vous, il reste avec vous à tout moment, dans les hauts et les bas lorsque la barque est ballottée par les eaux». «Il est important que vous gardiez ensemble les yeux fixés sur Jésus, conseille le Pape aux couples. Ce n'est que de cette manière que vous aurez la paix, que vous surmonterez les conflits et que vous trouverez des solutions à bon nombre de vos problèmes. Ils ne disparaîtront pas pour autant, mais vous serez en mesure de les voir d’une autre manière».

François reconnaît que le stress induit par les confinements récents, a souvent rendu la cohabitation entre conjoints et entre enfants et adultes très difficile, les rythmes de la maison s’harmonisant difficilement avec les contraintes professionnelles. Mais c’est aussi dans ce contexte que peut se vivre un chemin de générosité et de sainteté. «Ne vous laissez pas vaincre par la fatigue. Que la force de l'amour vous rende capable de vous concentrer plus sur l'autre — votre conjoint, vos enfants — que sur votre propre fatigue», demande le Pape.

Mais l’Evêque de Rome reconnaît aussi que dans ce contexte de la pandémie, pour certains couples, «les problèmes qui existaient déjà se sont aggravés, générant des conflits qui sont souvent devenus insupportables. Beaucoup ont même connu la rupture de la relation qui traversait une crise qu'ils ne pouvaient ou ne savaient pas surmonter. Je tiens également à exprimer ma proximité et mon affection à ces personnes», assure François. «La rupture d'une relation conjugale crée beaucoup de souffrances car de nombreuses illusions s’évanouissent. La mésentente entraîne des discussions et des blessures qu’il n’est pas facile de guérir. Il n’est pas possible non plus d’épargner aux enfants la douleur de voir que leurs parents ne sont plus ensemble. Ne cessez pas, cependant, de chercher de l'aide pour que les conflits puissent être surmontés d'une manière ou d'une autre et ne causent encore plus de souffrance entre vous et à vos enfants».

Enfin, le Pape s’adresse aux jeunes qui se préparent au mariage. «Si avant la pandémie les fiancés peinaient à projeter un avenir parce qu'il était difficile de trouver un emploi stable, l'incertitude professionnelle est encore plus grande aujourd'hui. J'invite donc les fiancés à ne pas se décourager, à avoir le “courage créatif” qu'avait saint Joseph dont j'ai voulu honorer la mémoire en cette année qui lui a été consacrée». «De même pour vous lorsqu'il s'agit d'affronter le chemin vers le mariage, faites toujours confiance à la Providence même si vous avez peu de moyens, car ce sont parfois les difficultés qui tirent de nous des ressources que nous ne pensions même pas avoir», explique François en citant Patris corde.