· Cité du Vatican ·

Discours à des participants à une conférence internationale sur le travail des mineurs

Voler l’avenir des enfants c’est voler l’avenir de l’humanité

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30 novembre 2021

Un fléau qui prive les enfants de leur avenir et porte atteinte à leur dignité d’êtres humains. C’est ainsi que le Pape a dénoncé, dans la matinée du 19 novembre, le travail des mineurs, en recevant en audience dans la salle du Consistoire les participants à la conférence internationale, promue par la Commission vaticane Covid-19 du dicastère pour le service du développement humain intégral, avec la collaboration de la Mission permanente du Saint-Siège auprès de la fao , qui s’est tenue dans l’après-midi, sur le thème «Eradiquer le travail des mineurs, construire un avenir meilleur». Nous publions ci-dessous le discours du Pape:

Eminence,
Mesdames et Messieurs,
chers frères et sœurs!

J’ai le plaisir de vous souhaiter la bienvenue, à vous tous, venus ici de diverses régions du monde, malgré les difficultés dues à la pandémie, pour participer à la conférence internationale: «Eradiquer le travail des enfants, construire un avenir meilleur», qui se tiendra cet après-midi au dicastère pour le service du développement humain intégral.

Le fléau de l’exploitation du travail des enfants, sur lequel vous réfléchissez ensemble aujourd’hui, revêt une importance particulière pour le présent et pour l’avenir de notre humanité. Notre relation avec les enfants, la mesure dans laquelle nous respectons leur dignité humaine innée et leurs droits fondamentaux, expriment quel genre d’adultes nous sommes et voulons être et quel gen-re de société nous voulons construire.

Le fait que dans les économies contemporaines, dont les activités productives bénéficient des innovations technologiques, au point que l’on parle de «quatrième révolution industrielle», l’emploi des enfants dans les activités de travail persiste partout dans le monde est choquant et troublant. Cela met en danger leur santé, leur bien-être psycho-physique et les prive du droit à l’instruction et de vivre leur enfance dans la joie et la sérénité. La pandémie a aggravé encore plus cette situation.

Le travail des mineurs ne doit pas être confondu avec les petites tâches domestiques que les enfants, dans leur temps libre et selon leur âge, peuvent effectuer dans le cadre de la vie familiale, pour aider les parents, la fratrie, les grands-parents ou d’autres membres de la communauté. Ces activités sont généralement propices à leur développement, car elles permettent de tester leurs capacités et de grandir dans la conscience et la res-ponsabilité. Le travail des mineurs, c’est autre chose! C’est l’exploitation des enfants dans les processus de production de l’économie mondialisée au profit des bénéfices et des revenus d’autrui. C’est la négation du droit des enfants à la santé, à l’instruction, à une croissance harmonieuse, qui comprend également la possibilité de jouer et de rêver. C’est tragique. Un enfant qui ne peut pas rêver, qui ne peut pas -jouer, ne peut pas grandir. C’est voler l’avenir des enfants et donc de l’humanité elle-même. C’est une atteinte à la dignité hu-maine.

L’extrême pauvreté, le manque de travail et le désespoir qui en résulte dans les familles sont les facteurs qui exposent le plus les enfants à l’exploitation par le travail. Si nous voulons éradiquer le fléau du travail des enfants, nous devons œuvrer ensemble pour éradiquer la pauvreté, pour corriger les distorsions du système économique en vigueur, qui concentre la richesse entre les mains d’un petit nombre. Nous devons encourager les Etats et les acteurs du monde de l’entreprise à créer des opportunités de travail décent avec des salaires équitables, qui permettent de répondre aux besoins des familles sans que leurs enfants soient obligés de travailler. Nous devons unir nos efforts pour promouvoir une instruction de qualité dans chaque pays, gratuite pour tous, ainsi qu’un système de santé accessible à tous sans distinction. Tous les acteurs sociaux sont appelés à lutter contre le travail des enfants et les causes qui le déterminent. La participation à cette conférence de représentants des organisations internationales, de la société civile, de l’entreprise et de l’Eglise est un signe de grande espérance.

J’exhorte le di-castère pour le service du développement humain intégral, qui est également chargé de promouvoir le développement des enfants, de poursuivre ce travail de stimulation, de facilitation et de coordination des initiatives et des efforts déjà en cours à tous les niveaux dans la lutte contre le travail des enfants. Et à vous, intervenants et participants à cette rencontre, j’exprime ma reconnaissance: merci de partager vos compétences et votre engagement pour cette cause qui est une véritable question de civilisation. Je vous encourage à continuer dans cette voie, sans vous laisser décourager par les inévitables difficultés, mais en élargissant de plus en plus le réseau des personnes et des organisations impliquées. Gardons toujours à l’esprit les paroles de Jésus dans l’Evangile: «Tout ce que vous avez fait à l’un de ces petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait» (Mt 25, 40).

Je vous confie, ainsi que vos familles et votre travail, à l’intercession maternelle de la Très Sainte Vierge Marie, et je vous bénis de tout cœur. Merci.