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Enevidence

Un soutien pour aider les religieuses de clôture

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02 octobre 2021

Pie XII promut le secrétariat d’assistance


C’était en 1950 et Pie xii choisit le 21 novembre, fête de la Présentation de la Vierge Marie au Temple, pour signer la Constitution apostolique Sponsa Christi sur la vie monastique féminine, pensée pour réorganiser et mettre à jour « l’institution des moniales ». Au lendemain des deux conflits mondiaux, de nombreux monastères étaient en ruines ; dans un grand nombre, les moniales vivaient dans des conditions difficiles et dans d’autres, elles avaient tenté de survivre avec des travaux d’artisanat, mais avec peu de succès. Le Pape Pacelli, qui avait particulièrement à cœur les communautés monastiques – auxquelles il aurait demandé d’accueillir les juifs persécutés par le régime nazi, comme cela semble apparaître des chroniques de 1946 et 1944 des monastères des Quatre Saints Couronnés et de Sainte-Suzanne – voulait une requalification de la vie monastique féminine. Sa préoccupation et son zèle pour les communautés de vie contemplative découlaient également des « informations détaillées » qui lui étaient parvenues « de toutes les régions du monde », à la suite d’une série d’enquêtes qu’il avait demandées sur les institutions monastiques. « Il y a de nombreux monastères qui hélas, meurent presque de faim, de pauvreté, de privations; il y en a beaucoup d'autres qui, par suite de difficultés matérielles, mènent une vie pénible et la plupart du temps impossible à supporter », écrivait le Pape.

C’est ce dont s’occupa la Sacrée Congrégation des religieux et le 12 janvier 1953 naquit le secrétariat d’assistance aux moniales et aux religieuses malades, dans le but de divulguer les valeurs spirituelles de la vie contemplative, d’en faire connaître les éléments essentiels, de soutenir les monastères dans leurs besoins quotidiens, de contribuer aux dépenses médicales pour les religieuses. Le promoteur, fondateur et premier président fut le père carme déchaux Isidoro di Sant’Elia, dans le siècle Dante Giannoni, en service à la Congrégation des religieux, qui se prodigua avec passion et sans réserve pour la promotion de diverses initiatives et pour la récolte de fonds. Cette même année fut célébrée la première journée Pro Orantibus et fut imprimé, au mois de juin, le premier numéro de « Pro Orantibus », la revue du secrétariat, qui est aujourd’hui une publication semestrielle imprimée à environ dix mille exemplaires, avec des approfondissements sur la vie consacrée, des réflexions sur le Magistère de l’Eglise, des « voix » des monastères.

A distance de 68 ans, le secrétariat d’assistance aux moniales (Sam), organisme érigé par la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique (Civcsva), dont le siège se situe à Rome, via della Conciliazione 34, subvient encore aux nécessités des monastères de clôture, répondant aux requêtes qui parviennent du monde entier et de l’Italie en particulier. Depuis 18 ans, la vice-présidente est sœur Giuseppina Fragasso, religieuse des adoratrices du Sang du Christ, tandis que le rôle de président revient au secrétaire de la Civscva, Mgr José Rodríguez Carballo. Le secrétariat d’assistance aux moniales dispose également d’un immeuble à Rome, structuré comme un petit monastère, avec un jardin et un petit potager. Il s’agit de Nostra Signora della Meditazione, inauguré le 25 mars 1961 par le cardinal Valerio Valeri: une maison voulue pour accueillir les moniales de passage dans la capitale pour recevoir des soins médicaux et passer des périodes de convalescence ou de repos. Le Père Isidoro voulut qu’il soit dirigé par des consacrées et il choisit les femmes qui, dans le bénévolat, désireuses de se consacrer au prochain, se prodiguaient depuis des années pour les moniales. Il les réunit en une pieuse Union née le 8 février 1974, devenue ensuite Institut séculier sœurs de Sainte Thérèse Marguerite du Cœur de Jésus (Redi), qui furent actives jusqu’en 2009. A présent, ce sont les Aliadas Carmelitas Descalzas de la Santisima Trinidad qui accueillent les religieuses de clôture hébergées dans la maison du Sam, qui s’est transférée depuis l’an dernier au Monastère du Sacré-Cœur des clarisses urbanistes d’Italie pour offrir plus d’espace aux moniales.

Actuellement, le Sam aide de nombreux monastères italiens et de plusieurs autres à l’étranger qui reçoivent un soutien de diverses façons. « En un an, en moyenne, nous réussissons à aider environ une centaine de monastères – précise sœur Giuseppina – les requêtes sont variées et sont évaluées attentivement ; à travers des mails ou des lettres, elle nous demandent, par exemple, des aides économiques pour payer les quittances, pour réaliser des projets nécessaires à la vie des communautés, pour affronter les coûts des soins médicaux ou d’activités de formation et encore pour acheter des instruments de travail, comme des machines à coudre, des accessoires pour broder ou des fours pour la fabrication d’hosties, essentiels pour les activités d’artisanat grâce auxquelles de nombreuses religieuses subviennent à leurs besoins ». La pandémie du Covid-19 a eu un profond impact sur les monastères : les ventes des objets fabriqués et les revenus dérivant des activités d’accueil de pèlerins ont baissé, et le nombre de communautés monastiques s’adressant au Sam a augmenté, surtout pour subvenir à leurs besoins quotidiens. « Le Secrétariat d’assistance aux moniales réussit à aider les monastères grâce à des dons qui arrivent de laïcs, diocèses, congrégations et ordres religieux, nonciatures, évêques ou cardinaux – explique sœur Giuseppina – De plus, à l’occasion de Noël et de Pâques, nous fabriquons des cartes de vœux que nous offrons en échange d’un don libre à ceux qui veulent nous soutenir ».

Il y a également la Journée Pro Orantibus, qui est célébrée chaque année le 21 novembre, jour de la fête de la Présentation de la Bienheureuse Vierge Marie. La mémoire liturgique rappelle l’épisode de la consécration au service du Temple de Jérusalem où, selon le récit des évangiles apocryphes, Marie aurait été accompagnée par ses parents Anne et Joachim et y serait restée jusqu’à l’âge de douze ans. Dans son don radical à Dieu, on reconnaît l’idéal de la vie consacrée et de clôture en particulier, et c’est pour cela que le 21 novembre, l’Eglise universelle prie pour tous les contemplatifs, tandis que le Secrétariat d’assistance aux moniales promeut des initiatives pour les monastères féminins.

Ces dernières années ont été organisés à Rome des congrès, espaces de réflexion, moments de prière et célébrations eucharistiques. Une belle page d’histoire a déjà été écrite par le congrès qui s’est déroulé en 2018 à l’université pontificale du Latran – auxquelles ont participé environ 300 moniales venues de diverses parties du monde avec une dispense spéciale de François – « Approfondissement sur Vultum Dei Quaerere  et Cor Orans », la Constitution apostolique du Pape François du 29 juin 2016 et son Instruction d’application du 1er avril 2018, rédigée par la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, les derniers documents de l’Eglise sur la vie contemplative féminine. En 2019, en revanche, le Sam a consacré la Journée Pro Orantibus à la présentation, toujours à l’université du Latran, des lignes directrices pour la formation des contemplatives L’art de la recherche du visage de Dieu, du 15 août de la même année, de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique. L’an dernier, la pandémie de Covid-19 a en revanche contraint à une rencontre virtuelle, sur le thème « Fratelli tutti et la vie contemplative », auquel ont pris part toutefois de nombreux monastères.

Tiziana Campisi