· Cité du Vatican ·

La rencontre touchante de François avec trois familles afghanes ayant fui Kaboul

L’alliance et la tunique

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28 septembre 2021

L’alliance et la tunique. C’est ainsi que s’est présentée le mercredi matin 22 septembre, Pary Gul devant François, en lui donnant son alliance — en souvenir de son mari «englouti» par la terreur talibane — et la tunique qui raconte une vie de souffrances». Le Pape — avant l’audience générale, dans le salon de la salle Paul vi — a accueilli le don de l’alliance mais... à une condition: que ce soit Pary Gul qui la conserve en signe d’amitié et d’espérance. Et la femme a montré cette espérance dans les yeux de ses trois filles — Adila, Robina et Setara — et de son fils Nasim. Ils ont entre 25 et 14 ans. Ce sont les jeunes filles — à travers des sos lancés sur leur téléphone portable — qui ont permis d’organiser la fuite rocambolesque de Kaboul. Pour rejoindre enfin leur nouvelle maison dans la région de Bergame, où ils pourront recommencer leur vie. Grâce à un réseau solidaire — coordonné par l’écrivain Alì Ehsani, qui a fui Kaboul avec son frère qui, quant à lui, n’a pas survécu aux cinq années de voyage — et à la fondation Meet Human.

Trois familles chrétiennes ont réussi à fuir: 14 personnes, 8 femmes et 6 hommes. Sept sont mineurs (et tous ont apporté au Pape un dessin fait pour l’occasion). Le plus petit, Eliyas, âgé d’à peine un an, a été hospitalisé en urgence, à son arrivée en Italie, pour soigner une infection. A présent il va bien.

L’histoire que les trois familles ont racontée au Pape est impressionnante de par sa cruauté. Le fait d’être chrétiens a provoqué une dénonciation à leur égard dès que les talibans sont entrés dans Kaboul. «Mon mari a été d’abord licencié, puis arrêté, et nous n’avons plus de nouvelles de lui», raconte Pary Gul, 57 ans, dont le nom de famille est Hasan Zada. «Nous sommes restés enfermés dans la cave pendant quatre jours et quatre nuits par peur d’être tous arrêtés, quelqu’un nous a probablement dénoncés parce que nous étions chrétiens», confient-ils.

Gholam Abbas et son épouse Fatima — tous deux âgés de 32 ans — ont eux aussi réussi à quitter Kaboul avec leurs enfants Safa Marwah (9 ans) et Muhammad Yousouf (4 ans). Avec eux également Zamin Ali (35 ans) et Seema Gul (34 anq) avec leurs enfants Maryam (11 ans), Ali Reza (8) et, précisément, le petit Eliyas.

Frères afghans est le slogan de la campagne solidaire que Meet Human a choisi de mener, en Afghanistan, avec la collaboration des institutions civiles et militaires italiennes. Une fraternité qui se manifeste immédiatement par le soutien concret aux trois familles pour cons-truire des relations, trouver un travail, recevoir une instruction. Recommencer à vivre, en somme. En conservant «l’alliance du Pape».

Giampaolo Mattei