· Cité du Vatican ·

Les personnes et non les intérêts doivent être au centre de la société

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03 août 2021

Chers frères et sœurs, bonjour!

La scène d’ouverture de l’Evangile, dans la liturgie d’aujourd’hui (cf. Jn 6, 24-35), nous présente des barques qui se dirigent vers Capharnaüm: la foule va chercher Jésus. On pourrait penser que c’est une très bonne chose, pourtant l’Evangile nous enseigne que chercher Dieu ne suffit pas, il faut aussi se s’interroger sur le motif pour lequel on le cherche. En effet, Jésus affirme: «Vous me cherchez non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé ces pains et que vous avez été rassasiés» (v. 26). En effet, les gens avaient assisté au prodige de la multiplication des pains, mais n’avaient pas saisi la signification de ce geste: ils s’étaient arrêtés au miracle extérieur, ils s’étaient arrêtés au pain matériel: seulement là, sans aller au-delà, jusqu’à la signification de cela.

Voilà alors une première question que nous pouvons tous nous poser: pourquoi cherchons-nous le Seigneur? Pourquoi est-ce que je cherche le Seigneur? Quelles sont les motivations de ma foi, de notre foi? Nous avons besoin de discerner cela, parce que parmi les nombreuses tentations que nous avons dans la vie, parmi les nombreuses tentations, il y en a une que nous pourrions appeler tentation idolâtre. C’est celle qui nous pousse à chercher Dieu pour notre propre usage et consommation, pour résoudre les problèmes, pour avoir, grâce à Lui, ce que nous ne réussissons pas à obtenir par nous-mêmes, par intérêt. Mais de cette manière, la foi reste superficielle et aussi — je me permets le mot — la foi reste «miraculiste»: nous cherchons Dieu pour nous nourrir et puis nous l’oublions lorsque nous sommes rassasiés. Au centre de cette foi immature, il n’y a pas Dieu, il y a nos besoins. Je pense à nos intérêts, à beaucoup de choses… Il est juste de présenter nos besoins au cœur de Dieu, mais le Seigneur, qui agit bien au-delà de nos attentes, désire tout d’abord vivre avec nous une relation d’amour. Et le véritable amour est désintéressé, il est gratuit: on n’aime pas pour recevoir une faveur en retour! Ce serait de l’intérêt; et très souvent, dans la vie, nous sommes intéressés.

Une deuxième question peut nous aider, celle que la foule pose à Jésus: «Que devons-nous faire pour faire les œuvres de Dieu?» (v. 28). C’est comme si les gens, provoqués par Jésus, disaient: «Comment faire pour purifier notre recherche de Dieu? Comment passer d’une foi magique, qui ne pense qu’à ses propres besoins, à la foi qui plaît à Dieu?». Et Jésus indique la voie: il répond que l’œuvre de Dieu c’est d’accueillir Celui que le Père a envoyé, c’est-à-dire de l’accueillir lui-même, Jésus. Ce n’est pas ajouter des pratiques religieuses ou observer des préceptes particuliers; c’est accueillir Jésus, c’est l’accueillir dans la vie, c’est vivre une histoire d’amour avec Jésus. C’est lui qui purifiera notre foi. Tout seuls, nous ne sommes pas en mesure de le faire. Mais le Seigneur désire une relation d’amour avec nous: avant les choses que nous recevons et  que nous faisons, il faut l’aimer. Il y a une relation avec Lui qui dépasse les logiques de l’intérêt et du calcul.

Cela vaut à l’égard de Dieu, mais cela vaut aussi dans nos relations humaines et sociales: lorsque nous recherchons avant tout la satisfaction de nos besoins, nous risquons d’utiliser les personnes et d’instrumentaliser les situations pour nos fins. Combien de fois avons-nous entendu d’une personne: «Mais celle-ci utilise les personnes et puis elle les oublie». Utiliser les personnes pour notre propre profit: ce n’est pas beau. Et une société qui place au centre les intérêts plutôt que les personnes est une société qui n’engendre pas la vie. Voilà l’invitation de l’Evangile: plutôt que de nous préoccuper uniquement du pain matériel qui nous nourrit,  accueillons Jésus comme pain de vie et, à partir de notre amitié avec Lui, apprenons à nous aimer les uns les autres. Avec gratuité et sans calculs. Un amour gratuit et sans calculs, sans utiliser les gens, avec gratuité, avec générosité, avec magnanimité.

Prions maintenant la Vierge Marie, Celle qui a vécu la plus belle histoire d’amour avec Dieu, pour qu’Elle nous donne la grâce de nous ouvrir à la rencontre avec son Fils.

A l’issue de l’Angelus, le Pape a ajouté les paroles suivantes:

Chers frères et sœurs, j’adresse de tout cœur mes salutations à vous tous, fidèles de Rome et pèlerins de divers pays.

En particulier, ce dimanche aussi, j’ai la joie de saluer divers groupes de jeunes: ceux de Zoppola, dans le diocèse de Concordia-Pordenone; ceux de Bologne, qui ont parcouru la Via Francigena d’Orvieto à Rome à vélo; ceux du camp itinérant organisé à Rome par les Pieux disciples du Divin Maître. Je salue également avec affection les enfants et les éducateurs du groupe «Après nous» de Villa Iris à Gradiscutta di Varmo, province d’Udine.

Je vois plusieurs drapeaux péruviens et je vous salue, vous les Péruviens, qui avez un nouveau président. Que le Seigneur bénisse toujours votre pays!

Je souhaite à tous un bon dimanche et un mois d’août serein… Trop chaud, mais qu’il soit serein! S’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Bon déjeuner et au revoir!