· Cité du Vatican ·

Angelus du 25 juillet

Angelus du 25 juillet

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27 juillet 2021

Chers frères et sœurs, bonjour!

L’Evangile de la liturgie de ce dimanche raconte le cé-lèbre épisode de la multiplication des pains et des poissons, avec lesquels Jésus rassasie quelque cinq mille personnes venues l’écouter (cf. Jn 6, 1-15). Il est intéressant de voir comment se réalise ce miracle: Jésus ne crée pas les pains et les poissons à partir de rien, non, mais il agit à partir de ce que lui apportent les disciples. L’un d’eux dit: «Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde!» (v. 9). C’est peu, c’est presque rien, mais cela suffit à Jésus.

Essayons à présent de nous mettre à la place de ce jeune. Les disciples lui demandent de partager tout ce qu’il a à manger. Cela semble une proposition insensée, et même injuste. Pourquoi priver une personne, en plus un jeune, de ce qu’il a apporté de chez lui et qu’il a le droit de garder pour lui? Pourquoi enlever à l’un ce qui ne suffit pas à nourrir tout le monde? Humainement c’est illogique. Mais pas pour Dieu. C’est même justement grâce à ce petit don gratuit, et par conséquent héroïque, que Jésus peut rassasier tout le monde. C’est un grand enseignement pour nous. Il nous dit que le Seigneur peut faire beaucoup avec le peu que nous mettons à sa disposition. Il serait beau de nous demander chaque jour: «Aujourd’hui qu’est-ce que j’apporte à Jésus?». Il peut faire beaucoup avec notre prière, avec notre geste de charité pour les autres, même avec notre misère remise à sa miséricorde. Apporter nos petitesses à Jésus, et Lui fait des miracles. Dieu aime agir ainsi: il fait de grandes choses à partir des petites, de celles qui sont gratuites.

Tous les grands protagonistes de la Bible — d’Abraham à Marie jusqu’au jeune d’aujourd’hui — montrent cette logique de la petitesse et du don. La logique du don est si différente de la nôtre. Nous cherchons à accumuler et à accroître ce que nous avons; Jésus, en revanche, demande de donner, de diminuer. Nous aimons ajouter, les additions nous plaisent; Jésus aime les soustractions, enlever quelque chose pour le donner aux autres. Nous voulons multiplier pour nous; Jésus apprécie quand nous divisons avec les autres, quand nous partageons. Il est curieux que dans les récits de la multiplication des pains présents dans les Evangiles, le verbe «multiplier» n’apparaisse jamais. Les verbes utilisés ont même un sens opposé: «rompre», «donner», «distribuer» (cf. v. 11; Mt 14, 19; Mc 6,41; Lc 9,16). Mais on n’utilise pas le verbe multiplier. Le vrai miracle, dit Jésus, n’est pas la multiplication qui produit de l’orgueil et du pouvoir, mais la division, le partage, qui fait croître l’amour et permet à Dieu d’accomplir des miracles. Essayons de partager davantage, essayons cette route que Jésus nous enseigne.

Aujourd’hui aussi la multiplication des biens ne résout pas les problèmes sans un partage juste. Il nous vient à l’esprit la tragédie de la faim, qui concerne en particulier les plus fragiles. On a calculé — officiellement — que chaque jour dans le monde environ 7000 enfants de moins de cinq ans meurent pour des raisons liées à la malnutrition, parce qu’ils n’ont pas le nécessaire pour vivre. Face à de tels scandales, Jésus nous adresse à nous aussi une invitation, une invitation semblable à celle que reçut probablement le jeune de l’Evangile, qui n’a pas de nom et dans lequel nous pouvons tous nous reconnaître: «Courage, donne le peu que tu as, tes talents et tes biens, mets-les à disposition de Jésus et de tes frères. N’aie pas peur, rien ne sera perdu, parce que, si tu partages, Dieu multiplie. Chasse la fausse modestie de te sentir inadapté, fais confiance. Crois dans l’amour, crois dans le pouvoir du service, crois dans la force de la gratuité».

Que la Vierge Marie, qui a répondu «oui» à la proposition -inouïe de Dieu, nous aide à ouvrir notre cœur aux invitations du Seigneur et aux besoins des autres.

A l’issue de l’Angelus, le Pape a ajouté les paroles suivantes :

Chers frères et sœurs, nous venons de célébrer la liturgie à l’occasion de la première Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées. Un applaudissement à tous les grands-parents, à tous! Grands-parents et petits-enfants, jeunes et personnes âgées ont manifesté ensemble l’un des beaux visages de l’Eglise et ont montré l’alliance entre les générations. J’invite à célébrer cette Journée dans toutes les communautés et à aller trouver les grands-parents et les personnes âgées, celles qui sont les plus seules, pour leur remettre mon message, inspiré de la promesse de Jésus: «Je suis avec toi tous les jours». Je demande au Seigneur que cette fête nous aide, nous qui sommes plus avancés en âge, à répondre à son appel durant cette saison de la vie, et qu’elle montre à la société la valeur de la présence des grands-parents et des personnes âgées, en particulier dans cette culture du rebut. Les grands-parents ont besoin des jeunes et les jeunes ont besoin des grands-parents: ils doivent dialoguer, ils doivent se rencontrer. Les grands-parents ont la sève de l’histoire, qui monte et donne de la force à l’arbre qui grandit. Il me vient à l’esprit — je crois que je l’ai déjà cité une autre fois — ce passage d’un poète: «Tout ce que l’arbre a de fleuri vient de ce qui est sous terre». Sans le dialogue entre les jeunes et les grands-parents, l’histoire n’avance pas, la vie ne continue pas: il faut reprendre cela, c’est un défi pour notre culture. Les grands-parents ont le droit de rêver en regardant les jeunes et les jeunes ont le droit et le courage de la prophétie en tirant leur sève chez leurs grands-parents. S’il vous plaît, faites cela: des rencontres entre personnes âgées et jeunes, qui parlent, qui dialoguent, cela rendra tout le monde heureux.

Ces derniers jours, des pluies torrentielles ont frappé la ville de Zhengzhou et la province du Henan en Chine, causant des inondations dévastatrices. Je prie pour les victimes et leurs familles, et j’exprime ma proximité et ma solidarité à tous ceux qui souffrent à cause de cette catastrophe.

Vendredi dernier, les 32e Jeux olympiques ont été ouverts à Tokyo. En ce temps de pandémie, que ces Jeux soient un signe d’espérance, un signe de fraternité universelle, à l’enseigne d’un sain esprit de compétition. Que Dieu bénisse les organisateurs, les athlètes et tous ceux qui collaborent à cette grande fête du sport!

J’adresse de tout cœur mon salut, à vous Romains et pèlerins. Je salue en particulier le groupe des grands-parents de Rovigo — merci d’être venus! —; les jeunes d’Albinea qui ont marché sur la Via Francigena de l’Emilie à Rome; et les participants au «Rally di Roma Capitale». Je salue aussi la communauté du Cénacle. Je souhaite à tous un bon dimanche. S’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Bon déjeuner et au revoir! Toutes mes félicitations pour l’approbation définitive, à vous les jeunes de l’Immaculée.