· Cité du Vatican ·

Le Pape François rend visite aux médias du Vatican

La gifle de la réalité

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25 mai 2021

«Laissez-vous gifler par la réalité». C’est ainsi que le Pape François a parlé avec la rédaction de ce journal qui, dans la matinée du 24 mai, a accueilli sa visite au Palazzo Pio, siège des médias du Vatican. Cela a été une matinée riche d’émotions fortes, de moments que nous n’oublierons pas. En particulier, un moment de grande intensité a été quand le Pape s’est arrêté dans la salle de réunion du journal et quand il a vu la façon dont, chaque matin, ce journal est préparé par la rédaction. «Vers neuf heures du matin, nous nous réunissons pour décider quelles nouvelles mettre en page — a expliqué le rédacteur-en-chef, Piero Di Domenicantonio —, toujours prêts à changer la mise en page au fur et à mesure qu’arrivent d’autres nouvelles la réalité nous surprend toujours». «Ce fait est très beau», est intervenu le Pape «mais une chose sont nos idées, une autre chose est la réalité, qui est plus forte, plus grande», et il a ajouté: «Laissez-vous gifler par la réalité», en mimant d’un geste la scène de la gifle qui arrive tout droit sur la figure. L’écrivaine catholique Flannery O’Connor disait qu’un bon livre est un livre qui, en giflant le lecteur, le contraint à tourner de quelques degrés son visage et donc à revoir le monde d’une autre perspective. Cela vaut également pour un bon journal. Giflés par la réalité qui bouleverse nos schémas mentaux, nous devrions, en tant que bons journalistes, gifler à notre tour le lecteur, en lui permettant d’avoir un regard nouveau, frais, inédit et inhabituel sur la réalité, cette chose qui nous surprend toujours. Cela nous sauverait de cette «certitude» qui finit par se transformer en cynisme. La visite même du Pape François dans les bureaux et les couloirs des rédactions des médias du Vatican a eu le goût de ce vent frais, semblable à celui «puissant» de la Pentecôte, qui pique la peau et qui nous sort de la torpeur de l’habitude qui, pour qui accomplit un travail quotidien, est toujours le risque le plus grave («le fonctionnalisme est mortel», a dit le Pape au terme de sa visite dans la salle Marconi), un risque qui éteint la force de la vocation précisément de notre communication qui est avant tout au service de la mission de l’Eglise. Merci, Saint-Père, pour être venu ici, proche et au milieu de nous, et nous avoir ainsi réveillés et remis en cause de façon paternelle à travers le vent frais de votre présence.

Andrea Monda