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Coran

Le lieu du retour

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03 avril 2021

Le Paradis de l’Islam, prières et rites funèbres


Il existe une vie après la mort. Il existe la promesse d’un Paradis à rejoindre si nous avons vécu avec respect et amour. Il existe la résurrection des corps.

Pour les musulmans, le point de passage est celui qui distingue la “vie brève ” de la “vie éternelle ”. La vie brève est celle que nous vivons maintenant, ici, à présent, plongés dans la difficulté de la pandémie, dans le quotidien des engagements de travail, d’étude, dans les moments de prière.

La vie éternelle est celle qui s’ouvre après la mort et qui après la “première, terrestre, sera encore physique, charnelle. Le Paradis décrit dans le Coran est un lieu autre, mais concret. Tellement beau que «nous ne sommes pas en mesure de l’imaginer» – explique Izzeddin Elzir, imam de Florence, fondateur de la communauté islamique de Toscane, ancien président de l’Union des communautés islamiques d’Italie. Selon le récit islamique, «nous vivrons le passage de la mort, mais nous aurons de nouveau une vie. Comment, nous ne le savons pas». Il commente: «Personne parmi ceux qui vivent la vie éternelle n’est revenu pour nous la décrire».

Dans le livre sacré de l’islam, le Paradis – la Jannah – est décrit avec des plantes luxuriantes, des fleurs de toutes les formes et de toutes les couleurs, des fleuves délicieux de miel et de vin. «Oui, du vin, même si pour les musulmans boire de l’alcool est une interdiction. De quel vin s’agira-t-il ? La description du Paradis suscite vraiment beaucoup de curiosité».

Il y a de «nombreux versets du Coran qui parlent du Paradis – poursuit-t-il – mais je préfère rappeler une phrase du prophète Mahomet, que la paix soit avec Lui, quand il dit qu’après notre vie brève nous attendent des choses et des lieux qui n’ont jamais été vus, ni entendus et pas même imaginés». Mais pour les musulmans, le passage entre la vie brève et celle éternelle a surtout un unique objectif: «Voir le visage d’Allah. Cela ne sera possible que pour celui qui, dans cette vie terrestre et brève, aura été une personne pieuse».

Pour mériter de vivre dans la Jannah, il faudra avoir vécu sa vie dans une adoration convaincue: «Il ne suffit pas de prier selon un rite qui prend cinq minutes pas jour, il ne suffit pas “seulement” de ne pas parler mal des autres. Il faut dialoguer avec l’autre, travailler, aimer son prochain, respecter l’environnement, adorer le Seigneur à travers les actions et pas seulement avec les cinq prières quotidiennes». L’imam de Florence commente: «Qu’on l’appelle Dieu ou Allah, il est toujours le Miséricordieux et le Clément et nous devons tendre vers Lui». Normalement, souligne Izzeddin Elzir, «on ne devrait pas avoir peur de la mort. Mais nous sommes des êtres humains. La vie que nous vivons est brève pour Dieu, pour nous les êtres humains, c’est une vie longue. Comme lorsqu’on éprouve de la tristesse du simple fait de changer de ville, comme on pleure en saluant sa mère ou son fils qui s’en vont, même si nous sommes conscients que nous nous retrouverons, la mort est un moment tragique. Dans le Coran, il est écrit que celui qui est frappé par un “malheur”, et l’on entend la mort, doit dire “Nous sommes à Allah et nous retournons à Lui ”». (Coran – Sourate II, verset 156)

Des mots qui, pour être vrais, doivent être prononcés et vécus avec une foi profonde et convaincue et en se souvenant, au moment du passage entre la vie et la résurrection dans l’autre, du “témoignage” du prophète Mahomet, à travers la lecture de plusieurs passages du Coran. Un rite qui, en cette année terrible de pandémie, a subi de dures limitations parmi les fidèles musulmans: «Il est important que celui qui va quitter la vie puisse, s’il est en mesure de le faire, répéter le témoignage, mais nous sommes certains que même dans les moments les plus compliqués, les plus difficiles de la maladie, quand il semble que celui qui souffre et qui va nous quitter n’est pas conscient et en lui-même, il réussit cependant à comprendre les paroles de celui qui est à ses côtés».

Après, continue Elzir, «le rite prévoit un lavage soigné et le bandage du corps – nu comme nous sommes arrivés sur la terre – dans une étoffe blanche. C’est ainsi que nous saluons nos frères dans l’islam».

Mais le Covid a changé la perspective, en conservant solidement le principe de la sacralité de la vie contenu dans le Coran et vécu profondément: «En cette période, nos médecins, les médecins en général,  ont affirmé que laver le corps d’une personne contaminée pouvait comporter la possibilité de transmettre le Covid. C’est pourquoi une fatwa  – une disposition du droit islamique – a établi que l’on dispense du lavage, en se limitant à un rite beaucoup plus simple. Nous faisons ce qui peut être fait. La sécurité sanitaire, la défense de la vie est très importante». (Elena Di Dio)