· Cité du Vatican ·

«Patris corde»: Joseph selon François

Avec un cœur de Père

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24 mars 2021

Quand nous avons lu Patris corde, nous nous sommes demandé comment nous aurions pu valoriser cette lettre qui ne célèbre pas seulement un anniversaire — pour autant qu’il soit important —, le cent cinquantième de la proclamation de saint Joseph comme patron de l’Eglise universelle, mais qui se relie à une Année spéciale con-sacrée à la figure de l’époux de Marie et qui trace donc un parcours que nous sommes invités à suivre. Le texte de cette Lettre est aussi bref que profond, comme c’est le cas dans les Evangiles avec la figure de Joseph, à qui ne sont consacrés que quelques mots, mais chacun précieux et fécond. En lisant le «Joseph selon François», le cœur s’ouvre et, dans le même temps, le regard s’élargit sur la paternité, qui n’a jamais été aussi amoindrie, aussi en crise qu’elle ne l’est aujourd’hui, et qui a donc précisément pour cela besoin d’être re-comprise et réaffirmée.

Il nous a semblé qu’une rubrique men-suelle, et donc rythmée par un temps lent dans un monde qui va toujours plus vite en perdant le goût de tant de choses, puisse répondre à cette exigence. Une rubrique qui veut être une petite contribution de réflexion et d’approfondissement sur ce que le Pape François veut communiquer avec un cœur de père.

Toutefois, nous n’avons pas voulu que ce rendez-vous mensuel soit caractérisé par une analyse érudite, spécialisée, mais plutôt que cette méditation donnée par le Pape sur saint Joseph puisse se mélanger à la vie concrète des personnes, puisse se relier aux joies et aux difficultés de pères et d’enfants, mais aussi de mères, car il ne peut pas y avoir de paternité sans progéniture, ni de paternité sans maternité.

Dans la succession des rendez-vous de la rubrique, nous nous laisserons guider par le texte de Patris corde, dans la tentative de «faire dialoguer» Joseph de Nazareth avec les pères de notre temps. Ain-si, chaque mois — à partir d’avril et jusqu’à octobre prochain — sera soumis à la réflexion le texte de chaque chapitre. Aujourd’hui, pour le lancement de cette rubrique, nous reproposons l’introduction de la lettre. Les titres mêmes des chapitres seront les signes qui donneront son orientation à la rubrique. «C’est à la vie d’un homme que ses paroles se comparent», lit-on dans un passage des Fiancés, que le Pape François aime. D’une certaine manière, les témoignages — à travers des articles et des entretiens — que nous publierons veulent précisément être le signe de cette vie qui doit être comparée, la «vérification» des mots écrits dans Patris corde. C’est donc une nouvelle perspective pour lire ou relire la lettre. Un hyper-texte, dirait-on aujourd’hui, né de l’expérience de celui qui a trouvé dans la figure de saint Jo-seph un soutien dans l’épreuve ou la source à laquelle puiser pour trouver -cette «créativité» de l’amour à laquelle le Pape nous a demandé tant de fois d’avoir recours, en particulier en ce temps confiné marqué par la pandémie. Et du reste, père du courage créatif est précisément l’une des manières dont le Pape le définit dans Patris corde.

Nos lecteurs pourront donc rencontrer Joseph à travers le texte de la lettre et les articles qui l’accompagneront à chaque fois. Ce sera une façon de nous mettre à l’écoute de l’homme des rêves; une autre dimension que celle du rêve, si souvent rappelée par François qui la relie de manière indissoluble à la dimen-sion de la prophétie. Joseph est l’homme de la disponibilité prête et docile à la volonté du Seigneur. Il est l’époux qui sauvegarde ce qui lui a été confié de plus précieux. Il est le père dont le cœur — comme l’a écrit Anna Maria Canopi — «veille également dans le sommeil». Mais il est également l’homme qui sait prendre des décisions résolues et les mener à bien pour protéger Marie et l’Enfant. Il sait en effet, comme le dit le psaume, que «le Seigneur veille sur le chemin des justes», même si cela peut sembler incertain et risqué. Joseph est le père qui agit dans l’ombre et dans le silence. Quel exemple à contre-courant, et pas seulement pour les pères, dans un monde qui semble nous répéter de manière obsessionnelle que pour nous «réaliser» nous devons nous asseoir au premier rang et avoir le dernier mot. Mais Joseph est tout d’abord l’homme qui vit avec joie l’obéissance au Père, car il sait que ce n’est qu’ainsi que l’amour trouve son parfait accomplissement.

Alessandro Gisotti
et Andrea Monda