· Cité du Vatican ·

Visite du Cardinal-Secrétaire d'Etat au Cameroun
Présentation de la Lectio magistralis à l’université catholique d’Afrique centrale à Yaoundé

Le Saint-Siège en Afrique
«pont» entre paix et justice

cq5dam.thumbnail.cropped.500.281.jpeg
09 février 2021

L’action du Saint-Siège, «dans le monde entier et, en particulier, sur le continent africain, accomplit tous les efforts possibles pour valoriser la dignité de chaque personne en chaque lieu et situation»: c'est ce qu'a affirmé le cardinal-secrétaire d'Etat, Pietro Parolin, dans la Lectio magistralis qu'il a tenue le 1er février à l'université catholique d'Afrique centrale de -Yaoundé, au Cameroun, sur le -thème: «La présence du Saint-Siège en Afrique: un pont entre l'idée de paix et la réalisation de la justice».

Le cardinal, en visite au Cameroun du 28 au 3 février, a souligné que ce n'est pas un hasard si celui qui «gouverne l'Eglise universelle s'appelle Pontife», c'est-à-dire constructeur de ponts «entre Dieu et les hommes». Le but ultime de ces ponts est «la concorde entre les peuples et les nations» que le Saint-Siège promeut en chaque occasion, en réaffirmant le respect des droits fondamentaux de l'homme: «Il ne s'agit pas seulement de clamer la paix, mais on demande de construire concrètement la paix à travers un travail solide et sérieux, aussi patient que tenace, soutenu par le choix inconditionné de la jus-tice».

Le cardinal Parolin a rappelé la création par Paul vi, en 1967, de la Commission pontificale justice et paix, dans l'intention de «susciter au sein du peuple de Dieu une pleine conscience de sa mission dans le moment présent», et par le Pape François, en 2016, du Dicastère pour le service du développement humain intégral. Il a ensuite souligné la collaboration avec l'Onu pour accomplir cette mission, toujours orientée selon l'ordre de la justice, qui a pour effet qu'«il ne peut pas y avoir de vrai développement sans envisager une amélioration de la vie de chaque être humain».

En particulier — remarque le secrétaire d'Etat —, la longue histoire de l'action diplomatique du Saint-
Siège en Afrique montre que la politique de l'Eglise est précisément le pont qui relie l'idée de paix et de solidarité à l'attention concrète à l'égard des besoins de chacun. Le cardinal a identifié trois lignes d'orientation qui aident à lire la contribution du Saint-Siège à la vie de l'Afrique: une plus grande justice, une paix stable et une coopération sincère.

En ce qui concerne la première, la «signification de la justice réside dans la capacité d'offrir la juste valeur à chaque chose, en trouvant dans la solidarité et dans le partage la mesure pour que la justice puisse accomplir le petit pas, cependant exigeant, qui conduit des mots aux faits».

Par paix stable — a-t-il poursuivi — on entend «la véritable paix, celle durable et enracinée dans le tissu social». Une paix qui ne peut pas être simplement clamée, mais poursuivie «dans le cœur de l'homme et dans la conscience». Une paix qui ne soit également pas «séparée des devoirs de la justice, mais nourrie par son propre sacrifice, par la clémence, par la miséricorde et par la charité». En outre, la paix entendue comme possibilité pour l'homme de se réaliser lui-même, n'est jamais un objectif atteint une fois pour toutes, mais «un édifice à construire quotidiennement» à travers la sauvegarde de la dignité humaine, avec respect et également avec amour.

Enfin, la «coopération sincère», deux mots simples — a-t-il dit — dans lesquels se trouve le «secret» de la vie de la communauté internationale et de chaque continent, pays, ou peuple: «La sincérité rappelle la nécessité de présenter sur la table des négociations et des diverses discussions la réalité des problèmes, sans voiler les situations avec les intérêts privés, mais en déclarant avec courage la nécessité d'œuvrer pour sauvegarder les droits fondamentaux de l'homme. La coopération résulte être un facteur incontournable si l'on veut parvenir à un respect effectif des droits fondamentaux, de la paix et, donc, de la sécurité. La collaboration assume aujourd'hui une valeur morale, dans le sens qu'elle demande de surmonter les diverses rivalités politiques en vue du bien commun».

Le Saint-Siège — a affirmé le cardinal — propose un tournant culturel et un changement de mentalité «qui sachent créer une authentique société de l'amour fondée sur Dieu, car quand l'homme égare Dieu, il s'égare aussi lui-même». Une mission poursuivie «à travers tant d'hommes et de femmes de bonne volonté, de jeunes, de laïcs, de prêtres et de personnes consacrées» qui défendent et promeuvent «les droits fondamentaux de l'homme, en accomplissant un travail ramifié et étendu d'information et de sensibilisation, pour aider chaque sujet de la communauté internationale à mieux comprendre la valeur de la dignité humaine et le devoir social de défendre et protéger la vie. En effet, le Saint-Siège œuvre pour diffuser un humanisme qui sache considérer la vie comme le don le plus élevé que Dieu a fait à l'homme».

«Sur la scène mondiale actuelle, marquée par la complexité et par la diversité souvent brandie comme signe d'orgueil et d'identité pour se distinguer du reste du monde — a conclu le cardinal Parolin — le Saint-Siège, aussi bien au niveau de la communauté internationale que dans chaque pays en particulier», est engagée à «construire un monde qui sache assumer la responsabilité concrète de protéger la dignité de chaque personne. Une responsabilité qui se fonde non seulement sur l'effort d'affronter les problèmes, mais sur le courage de sauvegarder et de valoriser l'humanité et sa dignité, à travers la recherche d'un équilibre dont la limite n'est pas la nécessité de la sécurité, mais la vie de l'homme là où elle a lieu».

Roberta Barbi