· Cité du Vatican ·

Auprès de qui est triste

cq5dam.thumbnail.cropped.500.281.jpeg

Messe à Sainte-Marthe du 26 avril 2020

26 avril 2020

Introduction

Nous prions aujourd'hui, au cours de cette Messe, pour toutes les personnes qui souffrent de tristesse, parce qu'elles sont seules ou parce qu'elles ne savent pas quel avenir les attend ou parce qu'elles ne peuvent pas subvenir aux besoins de leur familles car elles n'ont pas d'argent, par ce qu'elles n'ont pas de travail. Tant de personnes souffrent de tristesse. Nous prions pour elles aujourd'hui.

Homélie

Très souvent nous avons entendu que le christianisme n'est pas seulement une doctrine, n'est pas une manière de se comporter, n'est pas une culture. Si, il est tout cela, mais ce qui est le plus important, et qui vient en premier, est qu'il est une rencontre. Une personne est chrétienne parce qu'elle a rencontré Jésus Christ, elle s'est laissée rencontrer par Lui.

Ce passage de l'Evangile de Luc, nous raconte une rencontre, de manière à bien faire comprendre comment agit le Seigneur et comment est notre manière d'agir. Nous sommes nés avec une semence d'inquiétude. Dieu en a  voulu ainsi: l'inquiétude de trouver la plénitude, l'inquiétude de trouver Dieu, très souvent sans même savoir que nous avons cette inquiétude. Notre cœur est inquiet, notre cœur a soif: soif de la rencontre avec Dieu. Il le cherche bien souvent sur de mauvaises routes: il se perd, il revient, il le cherche... De l'autre côté, Dieu a soif de la rencontre, au point qu'il a envoyé Jésus pour nous rencontrer, pour venir à la rencontre de cette inquiétude.

Comment agit Jésus? Dans ce passage de l'Evangile (cf.  Lc 24,13-35) nous voyons bien qu'Il respecte, Il respecte notre situation, il ne va pas de l'avant. Seulement quelquefois, avec les têtus, pensons à Paul, quand il le fait tomber de son cheval. Mais d'habitude il va lentement, respectant notre rythme. C'est le Seigneur de la patience. Que de patience le Seigneur a-t-il avec nous, avec chacun de nous!

Le Seigneur marche à nos côtés, comme nous l'avons vu ici avec ces deux disciples. Il écoute nos inquiétudes, il les connaît et, à un certain moment, il nous dit quelque chose. Le Seigneur aime entendre comment nous parlons, pour bien nous comprendre et pour donner la juste réponse à cette inquiétude. Le Seigneur n'accélère pas le pas, il va toujours à notre pas, souvent lent, mais sa patience est ainsi.

Il existe une antique règle des pèlerins qui dit que le vrai pèlerin doit aller au pas de la personne la plus lente. Et Jésus est capable de cela, il le fait, il attend que nous fassions le premier pas. Et quand c'est le moment, il nous pose la question. Dans ce cas, il est clair: “Quels sont donc ces propos que vous échangez?” (cf. v. 17). Il fait semblant d'être ignorant pour nous faire parler. Il aime que nous parlions. Il aime entendre cela, il aime que nous parlions ainsi, pour nous écouter et répondre, il nous fait parler. Comme s'il ignorait tout, mais avec beaucoup de respect. Et ensuite il répond, il explique, jusqu'au point nécessaire. Là, il nous dit: «“Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire?”. Et, commençant par Moïse et parcourant tous les prophètes, il leur interpréta dans toutes les Ecritures ce qui le concernait» (v. 26). Il explique, il  éclaircit. Je confesse que j'éprouve de la curiosité pour savoir comment Jésus a expliqué, pour faire pareil. Cela a été une très belle catéchèse.

Et ensuite Jésus, ce même Jésus qui nous a accompagnés, qui s'est approché de nous, fait semblant d'aller plus loi, pour voir la mesure de notre inquiétude: “Non, viens, viens, reste un peu avec nous” (v. 29). Et ainsi la rencontre a lieu. Mais la rencontre n'est pas seulement le moment où le pain est rompu, ici, mais c'est tout le chemin. Nous rencontrons Jésus dans l'obscurité de nos doutes, également du doute affreux de nos péchés, et Lui est là pour aider, face à nos inquiétudes... Il est toujours avec nous.

Le Seigneur nous a accompagnés parce qu'il a envie de nous rencontrer. C'est pourquoi nous disons que le noyau du christianisme est une rencontre: c'est la rencontre avec Jésus. Pourquoi es-tu chrétien? Pourquoi es-tu chrétienne?”. Et beaucoup de gens ne savent pas le dire. Certains, par tradition. D'autres ne savent pas le dire, car ils ont rencontré Jésus, mais ils ne se sont pas aperçus que c'était une rencontre avec Jésus. Jésus nous cherche toujours. Toujours. Et nous ressentons notre inquiétude. Au moment où notre inquiétude rencontre Jésus, c'est là que commence la vie de la grâce, la vie de la plénitude, la vie du chemin chrétien.

Que le Seigneur donne à tous cette grâce de rencontrer Jésus tous les jours;  de savoir, de se rendre compte que c'est précisément Lui qui marche avec nous à tous les moments. Il est notre compagnon de pèlerinage.

PRIERE POUR LA COMMUNION SPIRITUELLE

Je crois, mon Jésus, que tu es réellement présent dans le Très Saint Sacrement de l’autel. Je t’aime par-dessus toute chose et je désire ardemment te recevoir dans mon âme. Puisque je suis incapable de Te recevoir de façon sacramentelle, entre au moins spirituellement dans mon cœur. Je T’embrasse comme si Tu y étais déjà et je m’unis entièrement à Toi. Ne permets jamais que je sois séparé de Toi. Ainsi soit-il.