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Se mobiliser pour mettre un terme au drame humanitaire dans la Corne de l’Afrique

· Entretien avec le cardinal Robert Sarah à propos de la rencontre organisée par «Cor Unum» ·

«La tragédie qui dure depuis des mois dans la Corne de l’Afrique est inhumaine. Les forces déployées pour venir au secours de ces pauvres populations ne manquent pas. Ce qui manque, malheureusement, c’est la volonté de quelques personnes». Dans les yeux du cardinal Robert Sarah, président du Conseil pontifical Cor Unum, il y a tout le drame que vivent les populations de cette terre infinie, où règne la mort à cause de la faim et de la soif. «Il faut agir — déclare-t-il à notre journal — et il faut agir vite. Il s’agit d’une catastrophe humanitaire jamais vue jusqu’à aujourd’hui. Chaque jour, des enfants, des personnes âgées, des femmes meurent alors qu’ils demandent de l’eau, du pain, des médicaments. Ils n’ont rien. Le Pape est très préoccupé. Il se tient constamment informé et nous pousse à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour les aider». Une aide que Cor Unum n’a certainement pas fait manquer au cours de cette période. «Nous sommes toutefois conscients que, aussi importante qu’elle soit, elle ne peut suffire. C’est pourquoi — révèle le cardinal — nous avons convoqué à Rome des associations et des organisations catholiques de solidarité pour chercher à comprendre ce que nous pouvons faire de plus». La rencontre a eu lieu le vendredi 7 octobre, au siège de Cor Unum. Y ont participé les représentants de diverses associations, parmi lesquelles Caritas internationalis, Catholic Relief Services, la Caritas italienne, Deutscher Caritasverband, l’Ordre de Malte et Manos Unidas, auxquelles se sont unis Mgr Giorgio Bertin, administrateur apostolique du diocèse de Mogadiscio en Somalie, ainsi qu’un représentant de l’archevêque de Canterbury. «L’objectif de la rencontre — explique le cardinal — a été de favoriser l’échange d’informations provenant directement de ceux qui s’engagent chaque jour à répondre aux besoins fondamentaux de la population, pour établir un programme d’intervention à moyen et long terme. Dans le même temps, nous désirons faire connaître l’engagement de l’Eglise catholique dans la région pour relancer l’attention du monde entier sur ce drame. C’est même pour cette raison qu’au terme de notre réunion, nous avons rencontré les journalistes de la salle de presse du Saint-Siège pour dresser un cadre de la situation et indiquer les priorités identifiées».

Le président de Cor Unum insiste beaucoup sur la nécessité de travailler ensemble. En effet, il est très important de toucher et de coordonner chacun dans ce mouvement de solidarité qui voit l’engagement «également de frères d’autres Eglises chrétiennes et d’autres communautés religieuses. Ce sera une occasion de plus — ajoute-t-il — pour montrer l’engagement commun des religions pour le bien de l’humanité». Sans oublier que ceux qui cherchent à échapper à la mort trouvent refuge dans d’autres pays d’Afrique, «même là où les catholiques représentent une petite minorité. Il est donc très important que tous ceux qui sont soutenus par la foi s’unissent pour intervenir partout où il y a un homme qui a faim et soif et qui doit être secouru».

Le cardinal n’épargne pas la communauté internationale, «toujours prête — dit-il — à exploiter l’Afrique, mais jamais à l’aider véritablement». Au contraire — dénonce-t-il — il semble presque qu’il y ait un dessein précis «pour abandonner le continent au chaos politique». Il suffirait que «les grandes puissances — affirme le cardinal — s’engagent à assurer la stabilité dans les Etats où règne le chaos le plus complet pour éviter qu’aux drames de la nature vienne s’ajouter la ruine de l’homme». Et il donne comme exemple la situation de la Somalie, où, il y a quelques jours seulement, un acte terroriste a provoqué soixante-dix victimes et cent cinquante blessés. «Il est inadmissible — commente le président de Cor Unum — que sur les populations exténuées de Somalie, qui sont parmi les plus touchées par la famine en cours dans la Corne de l’Afrique, s’abatte une violence toujours plus incontrôlée. Tuer des innocents pour conquérir le pouvoir politique est inacceptable. Voilà un domaine où peut intervenir la communauté internationale».

C’est dans ce climat que Be- noît XVI retournera dans un mois au Bénin. Il ira remettre l’exhortation apostolique post-synodale, fruit de la deuxième assemblée spéciale continentale qui s’est déroulée au Vatican du 4 au 25 octobre 2009: «Pour témoigner — dit le cardinal — de combien le continent est cher au cœur du Pape. Surtout des Souverains Pontifes les plus récents, de Paul VI à Jean-Paul II, jusqu’au Pape Joseph Ratzinger. Le peuple africain est un peuple qui souffre. Et là où l’homme souffre, Dieu est présent. Le Pape le rend présent même de façon visible». Mais il y a autre chose. L’Afrique représente l’avenir pour l’Eglise. «En 1969 déjà, Paul VI — rappelle le président de Cor Unum — avait dit que l’Afrique était la nouvelle patrie du Christ. Ses successeurs ont continué à souligner cette grande richesse qu’elle représente, non seulement pour l’Eglise, mais également pour l’humanité, malgré les souffrances qu’elle vit. Les Souverains Pontifes pressentent les grandes valeurs dont le peuple africain est le porteur et le gardien: la vie, la famille, la spiritualité. Telles sont les véritables richesses que l’Afrique est prête à partager avec le reste du monde». Dommage que le reste du monde ne soit pas prêt à partager ses richesses avec l’Afrique.

EDITION PAPIER

 

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21 octobre 2019

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