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Rêve et prophétie

Les familles et les enfants ont été au centre de l’attention de François au cours de la première journée aux Philippines. Ouverte par la visite au président, la journée à Manille s’est en effet conclue par la rencontre avec les familles, confirmant aux Philippins que Jorge Mario Bergoglio est vraiment The people’s pope, comme le quotidien «The Philippine Star» en a fait sont titre sur six colonnes, peut-être sans faire preuve d’originalité mais assurément en devinant juste. 

Et l’explication est simple: les personnes sentent le Pape proche parce qu’elles l’entendent prononcer des paroles qui vont droit au cœur, et tout d’abord celles qui ont été choisies comme devise de cette visite dans le pays où vit la majorité des catholiques en Asie.

Une visite qui est tout d’abord pastorale, comme l’a dit le Pape au palais présidentiel, au début d’un discours qui a été un fort rappel à l’urgence d’un développement humain intégral. L’émouvant solidarité après le terrible typhon Yolanda l’a démontré. Mais les hommes politiques doivent se distinguer «par leur honnêteté, leur intégrité et leur responsabilité» et refuser toute corruption pour écouter «la voix des pauvres» a dit François. Des concepts qu’il a rappelés également dans son homélie à la cathédrale, quand il a exhorté les catholiques philippins à promouvoir «des cercles d’intégrité» pour servir et transformer la société.

Et un exemple très clair de ce que l’Eglise est en train d’accomplir pour les plus pauvres dans la métropole philippine a immédiatement suivi, car le Pape a voulu ajouter au programme une brève visite touchante à la fondation Tulay ng Kabataan, qui depuis presque vingt ans recueille et protège les petites filles et les petits garçons des rues. «Aujourd’hui j’ai été très ému après la Messe, quand j’ai visité cette maison d’enfants seuls, sans familles» a ensuite confié le Pape aux milliers de familles réunies pour l’écouter, et il s’est exclamé: «Cela signifie mener de l’avant, prophétiquement, la signification d’une famille».

La famille et sa prophétie tiennent au cœur de François. Et on l’a vu précisément lors de la rencontre extraordinaire organisée par les évêques philippins. Là aussi le Pape a tout d’abord voulu saluer les plus âgés et malades, comme il l’avait fait dans la cathédrale en descendant de l’autel pour leur donner le baiser de paix. Ensuite, après avoir écouté les témoignages de trois familles qui affrontent la pauvreté, la séparation due à la nécessité de trouver du travail dans des pays lointains, la maladie, le Pape a commenté, en improvisant longuement en espagnol, le récit évangélique de la fuite en Egypte de la Sainte Famille.

Utilisant comme clef de lecture Joseph, l’homme des rêves qui met en sécurité le petit Joseph et sa mère: «Une famille sans rêves n’est pas possible. Quand dans une famille on perd la capacité de rêver, les enfants ne grandissent pas et l’amour ne grandit pas, la vie s’affaiblit et s’éteint» a dit François, qui ensuite, en improvisant, a inséré dans son discours une ferme défense de l’encyclique Humanae vitae du Pape Montini: «Il eut le courage de défendre l’ouverture à la vie dans la famille» et, percevant le danger des colonisations idéologiques, «il regarda les peuples de la terre et vit cette menace de la destruction des familles par manque d’enfants. Paul VI était courageux, c’était un bon pasteur et il mit en garde ses brebis contre les loups qui arrivaient».

g.m.v.

EDITION PAPIER

 

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5 décembre 2019

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