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Quand le Seigneur exagère

· ​Messe à Sainte-Marthe ·

Les réflexions du Pape François sur le thème de la conversion — en suivant la liturgie de la parole quotidienne — se poursuivent. Après l’invitation de lundi «à nous accuser nous-mêmes, à nous dire la vérité sur nous-mêmes, à ne pas maquiller notre âme pour convaincre que nous sommes meilleurs que nous ne le sommes réellement», lors de la Messe célébrée mardi 3 mars à Sainte-Marthe, le Pape a approfondi «le message de l’Eglise» qui «aujourd’hui peut se résumer en trois mots: l’invitation, le don et la “feinte”». Une invitation qui, comme on le lit dans le livre du prophète Isaïe (1, 10.16) concerne précisément la conversion: «Prêtez l’oreille à l’enseignement de notre Dieu. Lavez-vous, purifiez-vous!», c’est-à-dire: «Ce que vous avez à l'intérieur n’est pas bon, ce qui est mauvais, ce qui est sale, doit être purifié».

Face aux invitations du prophète: «Eloignez de mes yeux le mal de vos actions», «Cessez de faire le mal! Apprenez à faire le bien», certains disent: «Mais, Seigneur, je ne fais pas le mal; je vais à la Messe tous les dimanches, je suis un bon chrétien, je fais de nombreuses offrandes». A ces derniers François a idéalement demandé: «Mais es-tu entré dans ton cœur? Es-tu capable de t’accuser toi-même des choses que tu trouves là?». Et au moment où l’on ressent la nécessité de la conversion, on peut aussi se demander: «Mais comment puis-je me convertir?». La réponse vient de l’Ecriture: «Apprenez à faire le bien».

En effet, «la saleté du cœur», a précisé le Pape, «ne s’enlève pas comme on enlève une tâche: nous allons à la teinturerie et nous ressortons propres. On l’enlève par une action». La conversion signifie «suivre une route différente, une autre route que celle du mal». Une autre question a été: «Et comment est-ce que je fais le bien?». Pour chacun de nous cela signifie: vas «où se trouvent les plaies de l’humanité, où il y a tant de douleur; et ainsi, en faisant le bien, tu laveras ton cœur. Tu seras purifié! C’est l’invitation du Seigneur».

Conversion signifie donc que nous sommes appelés à faire le bien «aux plus démunis: la veuve, l’orphelin, les malades, les personnes âgées, dont personne ne se souvient»; mais aussi «les enfants qui ne peuvent pas aller à l’école» ou les enfants «qui ne savent pas faire le signe de la Croix». Car, a souligné le Pape avec amertume, «dans une ville catholique, dans une famille catholique il y a des enfants qui ne savent pas prier, qui ne savent pas faire le signe de la Croix». Et alors il faut «aller chez eux» porter «l’amour du Seigneur».

Si nous faisons cela, s’est demandé le Pape, «quel sera le don du Seigneur?». Il «nous changera», a-t-il dit. Même face à notre peur ou notre hésitation — «Mais, père, j’ai commis tant de péchés! J’en ai fait tant, tant, tant, tant!» — le Seigneur nous confirme: «Si tu viens sur cette route, sur laquelle je t’ai invité, même si tes péchés étaient écarlates, ils deviendront blancs comme neige».

Après l’analyse des deux premiers mots proposés au début de l’homélie — l’«invitation», c’est-à-dire: mets-toi en marche pour te convertir, pour faire le bien; et «le don», c’est-à-dire: «je te donnerai le pardon le plus grand, je te changerai, je te rendrai très pur» — le Pape est passé au troisième mot, la «feinte». En relisant le passage de l’Evangile de Matthieu (23, 1-12) où Jésus parle des scribes et des pharisiens, François a fait remarquer que «nous aussi nous sommes malins», en tant que pécheurs «nous trouvons toujours une route qui n’est pas la juste, pour sembler plus juste que nous ne le sommes: c’est la route de l’hypocrisie».

C’est une attitude contre laquelle Jésus a toujours utilisé des mots très clairs. En effet, il préférait «mille fois» les pécheurs aux hypocrites.

Voilà alors les trois mots sur lesquels «méditer» en cette deuxième semaine du Carême: «l’invitation à la conversion; le don que nous donnera le Seigneur, c’est-à-dire un grand pardon»; et «le “piège”, c’est-à-dire “faire semblant” de se convertir et prendre la route de l’hypocrisie». Avec ces trois mots dans le cœur, on peut participer à l’Eucharistie, «notre action de grâce».

EDITION PAPIER

 

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9 décembre 2019

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