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Pourquoi se vanter des péchés

· Homélie à Sainte-Marthe ·

« De quoi peut se vanter un chrétien? De deux choses: de ses péchés et du Christ crucifié ». Et une seule compte vraiment: la rencontre avec le Christ qui change la vie des chrétiens « tièdes » et transforme le visage de paroisses et communautés « décadentes ». Telle est l’indication suggérée par le Pape François au cours de la Messe célébrée le jeudi 4 septembre dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe.

Les paroles du Pape ont été inspirées avant tout par la première lecture de liturgie, tirée de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens (3, 18-23).

En pratique, a affirmé le Pape, « Paul nous dit que la force de la Parole de Dieu, celle qui change le cœur, qui change le monde, qui nous donne de l’espérance, qui nous donne la vie, ne réside pas dans la sagesse humaine ». Donc, « elle ne consiste pas à bien parler et à bien dire les choses avec une intelligence humaine. Non, cela est de la folie ». En revanche, « la force de la Parole de Dieu vient d’ailleurs ». Il est certain qu’elle « passe également par le cœur du prédicateur ». Et c’est pour cela que Paul recommande à ceux qui prêchent la Parole de Dieu: « Devenez fous ». Il les avertit de ne pas placer leur sécurité « dans la sagesse du monde ». Donc, poursuit l’apôtre, « que personne ne se vante dans les hommes ».

Il est alors naturel de se demander « où est la sécurité de Paul, où trouve-t-il la racine de sa sécurité ». En effet, il dit de lui-même: « Moi seul me vante de mes péchés ». Des paroles qui scandalisent, a commenté le Pape. Puis, a-t-il ajouté, « dans un autre passage, il dit: Moi seul me vante dans le Christ et dans ce Crucifié ». Donc « la force de la Parole de Dieu réside dans la rencontre entre mes péchés et le sang du Christ qui me sauve. Et quand il n’y a plus cette rencontre, il n’y a plus de force dans le cœur ». Si nous finissons par oublier cela – a averti le Pape – « nous devenons mondains, nous voulons parler des choses de Dieu avec un langage humain, et cela ne sert à rien », parce que cela « ne donne pas la vie ».

« Si un chrétien – a continué François – n’est pas capable de se sentir précisément pécheur et sauvé par le sang du Christ crucifié, c’est un chrétien à mi-chemin, c’est un chrétien tiède ». Et « quand nous trouvons des églises décadentes, quand nous trouvons des paroisses décadentes, des institutions décadentes, sûrement les chrétiens qui sont là n’ont jamais rencontré Jésus Christ ou ont oublié cette rencontre avec Jésus Christ ».

« La force de la vie chrétienne et la force de la Parole de Dieu – a-t-il encore expliqué – résident précisément dans ce moment où moi, pécheur, je rencontre Jésus Christ. Et cette rencontre bouleverse la vie, change la vie. Et elle te donne la force d’annoncer le salut aux autres ». Le Pape a suggéré des questions à se poser: « Suis-je capable de croire que précisément lui, avec son sang, m’a sauvé du péché et m’a donné une vie nouvelle? Ai-je confiance dans le Christ? Est-ce que je me vante de la croix du Christ? Est-ce que je me vante également de mes péchés, dans ce sens? ».

Le Pape François a conseillé, à ce propos, de revenir au moment de la « rencontre avec Jésus Christ », pour vérifier qu’on ne l’a pas oubliée, en se demandant: « Ai-je rencontré Jésus Christ? Ai-je senti sa force? ».

EDITION PAPIER

 

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19 novembre 2019

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