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Ne cédons pas à l'échec

· ​Messe à Sainte-Marthe ·

Est-il possible de préférer l'«échec», la «désolation» ou la «lassitude» à la guérison, à la «consolation» et à l'«espérance»? Cela peut sembler étrange, mais c'est ce qui arrive souvent dans la vie du chrétien qui se laisse aller à la plainte et à l'«insatisfaction». Et il s'agit d'une véritable «maladie» spirituelle, comme l'a souligné François au cours de l’homélie célébrée à Sainte-Marthe dans la matinée du mardi 9 avril.

S'inspirant de la première lecture du jour (Nombres, 21, 4-9) — avec le récit de l'expérience analogue vécue par les israélites au cours des temps durs de l'exode et du désert — le Pape a analysé, en la ramenant à notre époque, cette attitude déchirante du cœur de l'homme. En effet, le passage biblique fait précisément «réfléchir sur la lassitude» du peuple de Dieu qui, en marche vers la terre promise, «ne supporta pas le voyage». A ce propos, le Pape a tout d'abord reparcouru entièrement, pas à pas, l’évolution psychologique et spirituelle des israélites en fuite de l'Egypte.

Ce «qui est arrivé à nos pères dans le désert nous arrive à nous aussi, à l'époque de la désolation, quand on ne voit pas immédiatement les résultats de la promesse». A l'époque, «le peuple ne supporta pas le voyage». L'«esprit de lassitude» apporte également avec lui «l'esprit d'insatisfaction. Rien ne nous plaît, tout va mal...».

Jésus aussi a fait référence à cet «esprit d'insatisfaction» (cf. Luc 7, 32) en le comparant à ce qui arrive à des enfants qui jouent: «Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous n'avez pas pleuré!: mais rien ne vous satisfait?». C'est de la même manière que s'exprime l’«insatisfaction du chrétien» qui se plaint toujours: «Non, ça ne va pas, ça ne va pas...». Une attitude intérieure qui «est un terrain parfait pour les semailles du diable». Dans cette situation, l'homme devient également incapable de saisir «un signal d'espérance». Pour mieux faire comprendre cette condition, le Pape a ajouté l'exemple de ce qui est arrivé aux disciples d'Emmaüs, qui quittèrent Jérusalem après que les femmes aient dit que le Seigneur était ressuscité.

Telle est précisément cette «désolation chrétienne»: être tentés de «céder à l'échec», avoir «peur des consolations, peur de l'espérance, peur des caresses du Seigneur». Et ainsi, beaucoup de chrétiens conduisent «une vie de pleureuses manquées»: ils «vivent en se plaignant, ils vivent en critiquant, ils vivent dans les murmures, ils vivent insatisfaits».

Le récit biblique souligne que «le peuple ne supporta pas le voyage». Et également «nous, chrétiens, très souvent nous ne supportons pas le voyage. Et notre préférence est l'attachement à l'échec, c'est-à-dire la désolation. Et la désolation est liée au serpent: le serpent antique, celui du Paradis terrestre». Le serpent, a expliqué le Pape en faisant allusion au serpent de bronze élevé par Moïse, est un symbole: «Le même serpent qui avait séduit Eve et c'est une manière de faire voir le serpent qu'ils ont à l'intérieur» et qui mord «toujours dans la désolation». Parfois, les chrétiens aussi «ne supportent pas la résurrection de Jésus. Parfois, les chrétiens ne supportent pas l'espérance. Parfois, les chrétiens préfèrent l'échec. Cela nous arrive à nous aussi». D'où l'invocation de conclusion de François: «Que le Seigneur nous libère de cette maladie».

EDITION PAPIER

 

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22 juillet 2019

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