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L’avenir en fumée

· Une étude importante souligne les effets du cannabis sur les jeunes ·

Le quotient intellectuel en fumée : le quotidien « Le Monde », du 8 septembre, reprend les résultats d’une étude faisant autorité publiée sur le réseau le 27 août dernier par l’Académie américaine des sciences (National Academy of Sciences) concernant les résultats des recherches sur les performances cognitives à moyen et à long terme des jeunes qui fument du cannabis, « la substance illégale la plus consommée au monde ». 1.037 individus nés entre 1972 et 1973 ont été suivis pendant deux décennies par des chercheurs néo-zélandais et anglo-saxons dans une étude qui est définie comme « prospective », et c’est là que se trouve la première nouveauté : jusqu’à présent les études qui ont suivi précisément « en perspective » et pendant tant d’années un nombre aussi élevé de personnes ont été très rares.

Si, d’une part, l’on connaissait bien les effets cognitifs de la consommation du cannabis en matière d’altération de la mémoire, de l’attention, de la concentration, du manque de motivation, de l’autre – souligne le quotidien français –, on avait peu étudié la vulnérabilité du cerveau d’un adolescent à cette drogue. Les résultats impressionnants de l’étude sont essentiellement deux.

En premier lieu est apparue une diminution des performances intellectuelles qui se manifeste par une baisse du quotient intellectuel jusqu’à huit points parmi ceux qui ont commencé à fumer du cannabis plus précocement, c’est-à-dire à l’âge de l’adolescence, pour ensuite devenir des fumeurs habituels - « au moins quatre fois par semaine » - pendant une longue période. Cette prestation intellectuelle inférieure a été remarquée non seulement par les chercheurs, mais également par les amis et les membres de la famille des jeunes concernés.

La deuxième donnée alarmante est que « l’arrêt ou la diminution de la consommation de la drogue n’a pas pu restaurer complètement la capacité intellectuelle ». Autrement dit, le dommage est apparu comme irréversible et avec des répercussions importantes sur la vie quotidienne des jeunes.

En effet, le plus grand intérêt de l’étude est d’avoir démontré « l’interaction du cannabis avec le développement cérébral » qui – rappelons-le – est incomplet jusqu’à l’âge d’environ vingt ans. Si l’on pense, tout au moins en France, « que 24 pour cent des jeunes de 16 ans a fumé du cannabis au moins une fois par mois en 2011 », il est facile de déduire l’étendue et la gravité du phénomène. Et cela sans compter que différentes études ont largement documenté d’autres données inquiétantes.

A titre d’exemple, « le risque de développer une dépression est cinq fois plus élevé en cas d’abus de cannabis pendant l’adolescence » écrit Amine Benyamina ; « le risque de manifester un syndrome d’anxiété est double » dans les mêmes cas, écrit encore Sandrine Cabut et de graves pathologies psychiques comme la schizophrénie semblent même apparaître plus fréquemment chez ceux qui utilisent cette drogue souvent superficiellement définie comme « légère ».

Des données de ce genre incitent à la réflexion ceux qui vivent dans une ville plus ou moins grande et qui rencontrent souvent, même dans leur travail, des jeunes. Si l’on pense à l’extrême délicatesse du processus de maturation personnelle d’un individu jeune, on ne peut être qu’effrayés en pensant dans quel océan de stimulations visuelles, auditives, affectives et, parfois, toxiques, ces derniers se retrouvent à vivre en permanence.

Quel sera le résultat de cet étourdissement permanent, dans un but principalement commercial, auquel notre société les soumet ? Il est probable que les effets, souvent dans l’indifférence générale, vont bien au-delà de ce que ne peut nous révéler le simple examen du quotient intellectuel et qu’ils marquent en profondeur le développement de la personne.

EDITION PAPIER

 

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22 septembre 2019

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