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La première et la dernière caresse

Des cinq sens le toucher est le dernier. Dans notre monde, la vue et l’ouïe résident dans les étages supérieurs, l’odorat et le goût sont confinés dans les étages inférieurs tandis que nous trouvons le cinquième et dernier, le toucher précisément, dans la cave. Mais comme nous le verrons, le fait justement d’appartenir à la dimension inférieure le rend susceptible d’un procès en requalification qui l’élève au sommet du sublime.

Avant tout un paradoxe : les sensations tactiles nous parviennent à travers la peau, l’organe le plus étendu du corps humain. Même lorsqu’il est utilisé de manière intentionnelle, le toucher ne reçoit pas seulement des objets peu d’informations, mais il possède de faibles capacités de les élaborer, de les traduire en mots, de les partager. Tandis que les psychologues cognitivistes ont identifié diverses formes d’intelligence selon le sens qui prévaut, raison pour laquelle pour qui possède une intelligence visible, verbale, auditive, on ne cite jamais l’intelligence tactile, ni on ne se rappelle d’artistes particulièrement dotés dans ce sens. Nous savons toutefois que Michel-Ange avait, avec le marbre qu’il modelait, une relation physique, tactile ; il avait l’habitude de caresser les superficies lisses ou accidentées des statues comme s’il s’agissait de l’épiderme ou les vêtements d’une personne vivante à qui manquait, comme au Moïse aujourd’hui à Saint-Pierre-aux-liens, seulement la parole.

Malgré l’extraordinaire dimension des zones cérébrales réservées à la main et à la bouche, le toucher demeure pour nous un sens peu exploré et faiblement utilisé, une potentialité qui ne s’est pas développée avec l’âge et qui se perfectionne peu avec la culture. La médecine même, qui avec Gallien a décrit analytiquement l’anatomie et la physiologie du corps humain, a bien peu traité les fonctions et les pathologies du toucher.

Nous savons qu’il est très dangereux de naître privés de ce sens et que la survie même est en danger. Mais, peut-être parce que cela arrive rarement, cette pathologie demeure reléguée au milieu spécialisé, sans impliquer l’opinion commune. Tandis que la cécité, la surdité et le mutisme sont des pathologies connues, analysées et représentées jusqu’à devenir un savoir partagé qui alimente toute une série de métaphores et d’allégories (il suffit de penser à l’expression « émotivement sourd » ou à la déesse Fortune aux yeux bandés), la pathologie qui empêche d’établir un contact tactile avec les objets demeure une éventualité éloignée, une question qui concerne exclusivement les spécialistes.

Et pourtant il appartient au toucher d’établir le premier, le plus immédiat, contact immunitaire avec le monde en nous informant, en direct, sur ce qui peut brûler, piquer, couper, qui nous fait du bien ou du mal, qui peut être touché avec plaisir ou fuit avec crainte. Et pourtant au cours des dernières années des produits utilisés quotidiennement, comme les détergents, le caoutchouc, les cosmétiques, et même les éléments naturels comme les fruits traités aux anticryptogamiques, résultent souvent nocifs pour les muqueuses de la peau. Les dermatites de contact apparaissent comme des pathologies toujours plus diffuses et l’usage des gants est un moyen désormais habituel pour toucher les choses sans en être touchés, au point qu’à la fin, par un bouleversement contraire des rapports, nous sommes les intouchables.

Toutefois, malgré le fait que les expériences tactiles sont nécessaires à notre sécurité, dans la vie de chaque jour marquée par la superficialité et l’empressement, les messages que le toucher nous envoie sont souvent négligés et les signaux d’alarme écartés. Au point que, tant que ne nous arrivent pas des avertissements de grave danger, le toucher semble soumis à une sorte d’anesthésie locale.

Il en est de même pour les contacts gratifiants : porter des vêtements souples, sentir le sable chaud de la plage sur la peau, la vague fraîche de la mer, le souffle du vent, caresser les poils doux d’un chat, effeuiller entre ses doigts les pétales d’une fleur, ou suivre le corps relaxé les lignes sinueuses des calanques sont des perceptions vécues souvent distraitement, des événements marginaux qui ne demandent pas d’attention, qui n’engagent pas la conscience, qui n’activent pas la mémoire.

Mais il n’y a pas seulement les informations qui proviennent de l’extérieur qui sont ignorées, il en est de même pour les sollicitations endogènes, qui nous parviennent de l’intérieur du corps et qui demeurent souvent inécoutées. Il arrive toujours plus fréquemment qu’une femme enceinte ne sente pas les mouvements du fœtus et que la pensée ignore les signaux de mal-être qu’un organe malade lui lance. Nous nous comportons à l’égard des sensations endogènes comme si nous avions débranché la prise qui relie le corps à l’esprit.

Seuls les artistes savent lire les échos secrets du corps, et même du toucher, les traduire en symboles et transmettre aux autres les émotions que ceux-ci suscitent. Ainsi donc, paradoxalement, il est plus facile pour nous de « sentir » à travers une œuvre d’art que dans la réalité. Même lorsque le plaisir tactile est reçu et apprécié, il est difficile ensuite de l’exprimer, de le communiquer, de le partager. Le plus souvent, lorsque le contact avec les choses nous renvoie une impression intense et surprenante l’on dit, s’adressant à qui nous est proche, « touche, sens toi aussi ».

Voilà, la proximité et le caractère immédiat me semblent être les caractéristiques principales du toucher, ce qui le rend dans le même temps infime et, comme nous le verrons, sublime. En effet, l’appareil tactile, qui perçoit l’objet seulement à travers le contact direct entre les deux superficies, la peau et la chose, contrairement à la vue et à l’ouïe ne bénéficie pas de médiateurs. Nous sommes en mesure de recevoir des informations de toutes les parties du monde, de voir et d’écouter qui se trouve dans l’espace ou au fond des océans, mais nous ne pouvons en aucune manière partager les perceptions tactiles, qui ne prévoient pas de médiations, ne consentent pas de transferts. Alors qu’un son peut être entendu dans le silence et seulement dans un espace vide l’on peut apercevoir un signe, quel est l’arrière-plan du toucher ?

Le toucher est un sens décontextualisé, perdu, qui demande d’autres informations, n’étant pas, en soi, exhaustif. En outre, alors que nous avons l’habitude d’entendre de nombreux sons et voir une quantité d’images en même temps, nous recevons une information tactile à la fois. Pour cela, à l’ère des télécommunications, le toucher, comme s’il était fait d’une matière particulièrement lourde, demeure par terre. Tandis que la commercialisation des différentes formes de communication sensorielles favorise l’instrumentalisation et la manipulation des messages, souvent utilisés par la publicité pour suggérer et conditionner des attitudes et des comportements, le toucher, le plus discret des sens, ne participe pas à cette marchandisation, demeurant tout au plus dans le domaine du privé, de l’intime, du sensible, de ce que l’on ne montre pas.

Ignoré de la société parce que considéré superflu, marginalisé par l’esprit comme négligeable, il est dans les meilleurs des cas réservé aux spécialistes : à ceux qui analysent les tissus, les cosmétiques, les aliments, l’agrément des objets utilisés. Ou alors aux médecins qui recourent encore, suivant une tradition pluriséculaire, à la palpation du corps malade. Le toucher n’a jamais joui de prestige.

Aristote dans De anima le considère une faculté nutritive et qui croît, finalisée à la survie de l’individu et de l’espèce, que tous les êtres vivants possèdent et qui donc n’est pas spécifiquement humain. De manière surprenante il attribue toutefois au toucher le plaisir sexuel. Quel est le sens de ce lien inattendu ? Certainement pas de valoriser le toucher mais de dévaloriser la sexualité. En dégradant le plaisir sexuel à la simple fonction tactile, Aristote entend en effet purifier l’âme, que Platon considérait activée par le désir érotique et perturbée par ses contradictions, pour la consacrer, ainsi sublimée, au service des instances supérieures, la connaissance et la vertu. Une opération théorique décisive qui sépare et oppose âme et corps, qui sera confirmée par Gallien et acceptée pendant des siècles par la pensée philosophique et scientifique dominante.

Nous devrons attendre Freud pour que soit reconnue à la sexualité la fonction énergétique que lui attribuait Platon, pour que l’on admette que la pensée émerge du substrat des pulsions sexuelles à travers le désir, dans un mélange de psyché et somme jamais résolu une fois pour toutes. Pour Aristote en revanche, l’âme peut, ou mieux doit, se détacher de la sexualité pour guider l’homme vers sa réalisation la plus élevée. Les plaisirs de la vue et de l’ouïe, d’un certain côté incorporels proviennent de l’âme, ceux du toucher au contraire, liés au caractère matériel du contact, au frottement mécanique des organes, appartiennent précisément aux animaux et aux esclaves. Toutefois, même si diminué, peut-être à cause du fait d’être dégradé, le toucher maintient pour Aristote une relation privilégiée avec la vérité. En général les sens ne mentent pas, parce qu’ils renvoient des données directes, objectives, réelles.

C’est au toucher, comme sensation pure, détachée de la pensée, que l’on demande la preuve de la vérité. Même si cette acquisition de vérité est payée par l’appauvrissement extrême de l’expérience, réduite à la simple réception de stimulations somatiques. Il est vrai que nous pouvons ignorer avoir un caillou dans notre chaussure, mais le contact avec l’autre est toujours chargé d’intensité. Nous n’avons pas besoin d’objets mais d’affection, et le désir, selon Lacan, est toujours désir de l’autre, désir d’amour, même quand il s’exprime dans les formes destructrices de la haine.

Dans le jeu des échanges nous sommes engagés de manière réciproque, aussi bien dans la perception physique, tactile, de l’autre (donc si je te sens, tu me sens), aussi bien dans la fonction réciproque, dans les relations de communication du psychisme. Au point qu’il est presque impossible de séparer les deux fonctions du toucher, comme sensation et comme relation. En outre il est significatif que les émotions s’expriment avant tout à travers la peau, l’organe du toucher. En voyant un visage qui pâlit ou qui rougit nous sommes souvent en mesure d’en déduire l’état affectif. Mais il est encore plus significatif que le langage attribue au toucher, le plus concret des sens, précisément les fonctions les plus délicieusement mentales, celles particulièrement difficiles à définir et à partager, des expressions comme « avoir du tact », « souffrir dans sa chair », « sentir à fleur de peau », « se sentir en contact », « toucher du doigt » font allusion à des opérations mentales ineffables, les plus éloignées du domaine des sens et dans le même temps les plus à même de l’exprimer.

Mais si nous considérons l’expérience tactile dans son ensemble et en en suivant l’évolution tout au long de la vie, nous voyons que celle-ci émerge du substrat vital qui ouvre à l’existence : le corps de la mère d’où vient toutes choses. Le premier organe qui se forme se développant à partir du « feuillet embryonnaire, est précisément la peau et, bien avant encore qu’expirent les deux mois de gestation, le fœtus a déjà acquis une sensibilité tactile. Il n’a pas encore d’yeux ni d’oreilles mais la peau est déjà développée. Comme une enveloppe, il le renferme pendant les neuf mois d’existence aquatique et, après l’accouchement, il s’adapte immédiatement à l’atmosphère aérienne, beaucoup plus complexe. A partir de là, la peau sera le plus grand intermédiaire de communication entre le monde intérieur et le monde extérieur, dans les deux sens : du corps à la psyché et de la psyché au corps. D’un côté, la peau envoie à l’esprit des informations essentielles pour notre capacité de survie et de connaître le monde. De l’autre, comme l’enseigne la médecine psychosomatique, elle révèle la psyché, en manifestant, en positif et en négatif, les équilibres émotionnels.

La peau est un langage et, comme chaque langage, demande un interlocuteur. Pour chacun le premier interlocuteur est la mère. Lorsqu’il vient au monde, le nouveau-né a auparavant fonctionné de manière symbiotique avec le corps maternel et son esprit s’est potentiellement formé à travers une interaction secrète avec celle de la mère.

Contrairement aux êtres humains, la mère des autres mammifères poursuit sa relation de peau avec son bébé même après la naissance le léchant longuement, lentement, avec attention. Il ne s’agit pas seulement de le laver des résidus embryonnaires mais de solliciter les fonctions que les organes devront assumer. Le contact de la langue maternelle constitue une sorte d’encouragement qui donne le feu vert à l’appareil respiratoire, gastro-intestinal, uro-génital du petit. Si cela n’a pas lieu, si manque un frottement prolongé, le bébé meurt. Nous ne savons pas pourquoi et quand les mammifères humains ont perdu une conduite aussi essentielle mais, de fait, pour nous, le contact entre la mère et l’enfant est toujours plus médié par la vue et par la parole au détriment du contact direct. Et pourtant nous savons que celui-ci répond aux besoins les plus instinctifs des nouveau-nés qui ne peuvent être bien différents de ceux des primates, les singes supérieurs.

La rencontre avec l’hôte le plus attendu passe en général inobservée, alors qu’elle constitue un moment fondamental pour l’identité et la relation entre les deux. Lorsque né un bébé née une mère, mais pour que cela arrive il est nécessaire que se rétablisse, à l’extérieur, l’unité biologique précédente, et que la fracture de l’accouchement soit recomposée dans une accolade où la caresse, substituant le léchage des animaux, inaugure la vie ensemble.

Le premier face à face de la mère et de l’enfant conclut une attente de neuf mois et, psychologiquement, même plus, si nous pensons que chaque femme, comme chaque femelle de mammifère, possède une image inconsciente du fils, une précognition de son produit génératif. Si celui-ci a été d’abord un objet du désir des autres, à partir de maintenant ce sera un sujet, avec des droits que nous saurons lui attribuer. Lorsqu’un nouveau-né est accueilli dans la société civile et dans la communauté religieuse c’est déjà une personne, parce que la mère l’a reconnu comme telle en lui attribuant la citoyenneté fondamentale, celle qui l’inscrit dans l’humanité.

Mais, puisqu’il n’y a aucune possibilité d’échange verbal, cette communication suit d’autres voies : le toucher, l’odorat, la vue. Pendant l’allaitement mère et enfant se fixent avec une extraordinaire intensité et, dans le même temps, ils accomplissent un processus d’exploration tactile réciproque. Les mains du bébé touchent le sein et le visage de la mère avec des mouvements toujours plus orientés et sûrs, tandis que celles de la mère lui caressent la tête, exercent une pression sur la bouche contre le mamelon, suivent d’un doigt le doux profil de la joue. De cette façon, l’enfant apprend à connaître dans le même temps sa peau et celle de l’autre, l’adhésion et la séparation. La relation entre mère et enfant constitue dans ce sens le prototype de tous les liens affectifs à venir.

N’avez-vous jamais remarqué que, dans des situations désespérées, les personnes s’embrassent toutes seules ? Et, dans de nombreuses cultures, pour se réconforter, les fidèles égrènent entre leurs doigts un chapelet ou touchent un objet considéré comme sacré ? Mais toucher comporte toujours le fait d’être touché, un échange que seul l’amour réciproque sait réaliser. Pour cela jamais comme lorsque quelqu’un est amoureux l’on se sent soi-même, authentiques et compris. Et rien comme les câlins et les caresses n’évoque les premières expériences affectives déterminantes, rappelle ces sensations d’intimité et d’abandon qui manifestent la partie féminine de la sexualité, la plus secrète, la plus précieuse, celle qui survie au vieillissement, qui dure dans le temps.

L’identité, selon Freud, est avant tout un « mon » corps, mais le « mon » corps est le résultat, comme nous l’avons vu, de l’interaction avec le corps d’un autre, avant tout de la mère. Ses caresses délimitent les frontières entre le monde intérieur et le monde extérieur, celui qui s’étend en dehors de ma peau, prêt à être exploré, manipulé, contrôlé et possédé par la main, qui agit comme intermédiaire entre le je et le moi.

On dit que la poignée de main sert à garantir que l’on est désarmé ou, en d’autres termes, que l’on a écarté l’hostilité avec laquelle l’homme affronte toujours un autre homme. Mais peut-être existe-t-il quelque chose en plus : la poignée de main, tout comme le baiser, signifient un pacte d’alliance, plus que de non-belligérance, une promesse de concorde que rien comme le contact de la peau ne peut témoigner. Naturellement les trahisons sont toujours possibles, comme nous le rappelle le baiser de Judas, mais en général le contact de la peau est une bonne forme d’accueil. Contre, la condamnation à l’intouchabilité (comme de la dernière et plus méprisable des castes indiennes, celle des intouchables précisément) représente la plus violente et radicale méconnaissance de l’autre.

Giovanni Battista Cima «Vierge à l’enfant»(1497 env., détail)

Malgré le fait que notre culture est basée sur les valeurs de la relation (liberté, égalité, fraternité), les relations humaines sont toujours problématiques. D’une manière ou d’une autre se pose le dilemme de la distance à tenir à l’égard du prochain. Nous savons que chaque culture prévoit des règles différentes de l’espace à interposer entre corps et corps. Et l’impact plus fort avec le monde asiatique est précisément, pour le voyageur, la menaçante impression d’une proximité excessive.

Toutefois au sein de différentes règles il est demandé d’agir avec tact, de s’approcher de l’autre de manière à le comprendre et de se tenir éloigné à juste mesure pour ne pas le blesser. Une question très actuelle à une époque dans laquelle le monde est devenu petit et les distances semblent annulées par les moyens de communication. Cependant, bien que complets, les contacts à distance ne déterminent pas une vraie rencontre. Une infinité de personnes communique à travers le réseau et souvent les correspondants lient entre eux des relations d’amitié et aussi d’amour. Mais en vérité lorsqu’ils se rencontrent et attendent de se reconnaître, ils sont très souvent frappés par un pénible sens d’étrangeté. Les corps ne correspondent pas à leurs idoles et, une fois encore, le toucher réclame une fonction de vérité.

Une fonction tellement difficile à définir qu’elle nous fait dire d’une expérience ineffable qu’elle « a été touchante », comme s’il n’existait pas de mots assez adaptés et que l’on renvoie au plus modeste des sens le devoir difficile d’exprimer la profondeur du « ressenti » humain. Si nous considérons la capacité du toucher à orienter nos comportements cognitifs et affectifs, nous pouvons dire que nous, nous n’avons pas, mais nous sommes notre toucher, la mémoire des contacts que nous avons expérimenté au cours de notre vie et qu’ils nous ont profondément marqué.

Une vie qui commence avec une caresse, se conclut avec une caresse. Souvent, lorsque dans les cérémonies des adieux manquent les mots pour dire les émotions tandis que l’autre s’éloigne en silence, la solitude du mourant est interrompue par une dernière, délicate, interminable caresse. L’unique en mesure de rejoindre l’autre, là où il se trouve, apparemment proche mais infiniment loin. Le cycle de l’existence se referme ainsi avec le même geste, de bienvenue au début et de congé ensuite. Un contact qui témoigne de la capacité du « sentir » humain de communiquer avec le corps, au-delà du corps.

Silvia Vegetti Finzi

EDITION PAPIER

 

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16 octobre 2019

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