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La grande famille du père Philippe

· Il y a quatre siècles, le Pape Paul V approuvait la constitution de la congrégation de l’Oratoire ·

Il y a quatre siècles, le 24 février 1612, avec le bref Christifidelium quorumlibet, le Pape Paul V approuvait les constitutions de la Congrégation de l’Oratoire, la première, dans l’ordre chronologique, des institutions que l’actuel Code de droit canonique appelle Sociétés de vie  apostolique et qui s’élèvent aujourd’hui à 34, en ne comptant que celles de droit pontifical. Grégoire XIII l’avait canoniquement reconnue en 1575, la première Année sainte célébrée après la conclusion du Concile de Trente, mais elle existait de fait depuis 1564, lorsque les premiers disciples de saint Philippe Néri, qui s’étaient formés au sein de l’Oratoire, furent ordonnés prêtres et envoyés par Néri à San Giovanni dei Fiorentini: cette année là, la communauté florentine de l’Urbs avait en effet voulu confier la paroisse au père Philippe, leur concitoyen qui était désormais célèbre à Rome pour la sainteté de sa vie et pour la ferveur de son apostolat.

Ordonné le 23 mai 1551 et fondateur du mouvement qui prit le nom d’Oratoire, il accepta à contre-cœur et par obéissance aux indications de ses supérieurs, mais il ne sentait pas l’apostolat paroissial conforme à son esprit et à la vocation particulière qui l’animait, lui qui, dans le couvent des prêtres de saint Jérôme payés par la Confraternité de la Charité pour s’occuper de l’église, était allé jusqu’à renoncer à son salaire pour pouvoir servir avec le plus grand dévouement, mais en étant libre de donner à son apostolat la forme qu’il désirait.

Quelques années seulement s’écoulèrent et, au cœur de l’année jubilaire de 1575, la Bulle de Grégoire XIII Copiosus in misericordia assignait à «Philippe Néri prêtre florentin, et préposé de quelques prêtres et clercs» l’église paroissiale de Santa Maria in Vallicella, y érigeant dans le même temps «une Congrégation de prêtres et de clercs séculiers appelée de l’Oratoire», chargée de «formuler des statuts et une organisation appropriés, honnêtes et non contraires aux Sacrés canons et aux dispositions du Concile de Trente».

L’élaboration des constitutions fut une entreprise lente et difficile. On commença à préparer le texte des Constitutions, terminé en 1583: le Compendium Constitutionum Congregationis Oratorii qui constitua la base du texte plus ample et complexe de 1588, qui bénéficiait non seulement  de l’approbation de toute la Congrégation, mais aussi de l’autorité du père Philippe qui, pour le texte de 1583, s’était limité à quelques indications. La structure centralisée des maisons oratoriennes nées entre temps répondaient aux intentions de Talpa, de Tarugi, de Bordini, de Baronio et d’autres, plus qu’à l’intime conviction du père: mais il accepta l’idée de ses fils. Avec le maintien, en particulier après la mort du père Philippe, de la ligne de fidélité à l’intention originelle du fondateur, ce lien juridique des maisons disparaîtra; les Constitutions  de 1612 seront formulées avec l’intention claire, exprimée par le père Consolini, d’admettre uniquement «ce qui fut laissé par lui et pendant tant d’années conservé tant qu’il fut en vie».

La «voie» tracée par le fondateur est déjà contenue en synthèse dans le préambule de ces Constitutions: «Le saint Père Philippe —  y lit-on — avait l’habitude de diriger avec une inspiration divine l’esprit et la volonté de ses fils, selon la nature de chacun, s’estimant satisfait de les voir enflammés de piété et fervents dans l’amour du Christ. Ce n’est que progressivement et avec délicatesse (pedetemptim et suaviter) qu’il expérimentait et évaluait comme une manifestation de la volonté du Seigneur ce que, grâce à sa longue expérience, il lui semblait être compatible et utile pour eux, jour après jour, en vue d’atteindre la sainteté. Et il affirmait avec persuasion que ce genre de vie était réellement plus que jamais adapté aux prêtres séculiers et aux laïcs, et conforme à la volonté divine».

Une communauté de prêtres, donc, entièrement dévoués au Christ dans l’exercice du ministère, une vie familiale centrée sur l’attention et le respect de la personne, dont la nature propre est une valeur à renforcer dans le bien et à former à la lumière de l’Esprit, dans une attitude  responsable de liberté authentique qui non seulement ne s’oppose pas au chemin commun, mais qui devient une richesse au sein de la communauté; une famille ordonnée de prêtres non pas liés par des vœux de religieux, mais vivant l’esprit des vœux, dans une sécularité que nous pouvons définir comme une disposition de l’âme à percevoir les inquiétudes de l’homme en étant dans le monde pour annoncer l’Evangile sans être éloigné ni faire preuve de paternalisme humiliant.

EDITION PAPIER

 

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25 janvier 2020

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