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En attente devant la résurrection

Jean 20, 1-18 

El Greco, « Résurrection » (détail, 1596-1600)

Dans l’évangile selon Jean il ne nous est pas donné d’écouter l’annonce explicite de la résurrection de Jésus. Les deux anges qui sont auprès de la tombe n’annoncent pas à Marie-Madeleine, comme cela arrive dans les autres évangiles, qu’« il est ressuscité ! ». Non, dans Jean on trouve un silence et une suite d’épisodes qui voient les disciples face à ce qui apparaît une énigme : la tombe vide. Marie-Madeleine voit, la première, la pierre roulée du sépulcre et n’entre pas, mais court chez Simon Pierre et chez le disciple bien-aimé et leur annonce, non pas la résurrection, mais sa consternation face à ce qu’elle pensait être un enlèvement du cadavre de Jésus (cf. Verset 2).

Pierre et l’autre disciple courent à leur tour au sépulcre et voient les linges dont était recouvert le corps de Jésus bien rangés, comme par une main consciente et qui en prend soin, non pas abandonnés comme résultat d’un enlèvement. L’évangile ne nous dit rien de Pierre, il ne nous dit pas si Pierre a réagi de quelque manière que ce soit. Pierre disparaît face à la tombe vide, même si l’autre disciple le laisse entrer en premier. Il demeure muet et absent.

Le texte rapporte qu’ensuite, à la vue de cette tombe vide le disciple bien-aimé « vit et crut » (Verset 8). Mais de quel type de foi s’agit-il? On ne parle pas d’une joie, on ne mentionne aucune annonce de la résurrection lorsque ceux-ci retournent vers les autres disciples (cf. Verset 10). On dit seulement que jusqu’à ce moment-là ils n’avaient pas compris l’Ecriture « qu’il devait ressusciter d’entre les morts » (Verset 9).

Mais Jean nous conduit par la main pour écouter la révélation : du doute-soupçon d’un enlèvement du corps, à la prise de conscience que le corps de Jésus n’avait pas été emmené, volé, à une foi naissante sur la base du souvenir de ceux qui annonçaient l’Ecriture, à une communauté qui, dans le silence et peut-être dans la consternation commence à céder la place, dans l’étonnement, à une certaine foi, se rassemble à nouveau (cf. Verset 10).

Toutefois, Marie-Madeleine n’a pas encore accomplie le pas vers une interprétation de l’événement : elle pense encore que le corps de Jésus a été enlevé par quelqu’un (cf. Versets 13 et 15). Le texte nous dit qu’elle n’a pas vu les bandes déposées dans le sépulcre ; il ne nous est pas dit qu’elle est entrée, qu’elle a vu et a cru. Elle semble étrangère à la situation des deux autres disciples et le texte la présente comme si elle vivait une histoire à part ; elle apparaît enfermée dans la nostalgie d’un passé dont lui ont été soustraits même les vestiges.

Les disciples que nous présente cette page, sont des disciples qui demeurent comme en attente, face à une aporie que seule l’initiative de Jésus ressuscité pourra délier, lorsqu’il se révélera à Madeleine en l’appelant par son nom (cf. Verset 16) et lorsqu’il se manifestera aux autres disciples donnant la paix et leur montrant les plaies de la passion (cf. 20, 19-23).

 William Blake, « Résurrection » (1805 env.)

Mais aussi face à Jésus ressuscité, qu’au début elle n’avait pas reconnu, Madeleine a besoin d’accomplir un chemin de foi : premièrement elle l’appelle « maître » (Verset 16), et seulement grâce aux paroles de Jésus qui lui révèle sa communion avec le Père, elle arrive a l’appeler « Seigneur » (Verset 18). Elle est amenée a accomplir un chemin de foi et à passer de la fermeture de la nostalgie d’un passé et de la joie de la reconstitution de celui-ci (« maître ») à s’ouvrir à une nouveauté de vie radicale. Cette nouveauté la rend témoin que cette relation tissée par Jésus avec elle et avec les disciples, ses frères au cours de son existence, est destinée à ne pas mourir, mais à durer et plus encore à être renouvelée, parce que Jésus, vivant, « monte vers le Père » (Verset 17), son Père et notre Père.

Voilà la bonne nouvelle : ce que le Père a accompli dans la vie du Fils a été de faire en sorte, à travers la résurrection, que celui-ci ne soit pas séparé de ses frères, de tous les hommes, et que donc la situation d’amour, faite aussi de trahisons, d’infidélités, de contradictions, mais que les disciples ont aussi vécu et qu’ils vivent aujourd’hui avec Jésus, ne soit pas perdue, mais soit, pour toujours, assumée dans la relation d’amour de Jésus avec son Père et notre Père.

EDITION PAPIER

 

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20 août 2019

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