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Deux priorités

La rencontre avec les familles et la Messe avec des dizaines de milliers d’autochtones dans le Chiapas ont conduit le Pape de la capitale du Mexique vers ses extrémités méridionales. Et elles ont montré sa volonté missionnaire dans la proximité envers les pauvres et dans le soin apporté à tous ces foyers familiaux qui affrontent un moment difficile. Des priorités que Jorge Mario Bergoglio a toujours clairement eues et qu’il a rappelées de diverses façons depuis le début de son pontificat, comme cela émergera également de l’imminente et très attendue exhortation née des deux assemblées synodales.

A San Cristóbal, l’utilisation de trois langues autochtones, les chants, les musiques et les danses des peuples autochtones ont caractérisé la Messe papale sur la terre où à partir de 1543 devint premier évêque le dominicain Bartolomé de las Casas, le pionnier dans leur défense qui écrivit la Brevísima relación de la destrucción de las Indias. Et la liturgique suggestive très ordonnée s’est conclue par la présence de nouvelles traductions bibliques dans ces langues, après de longues années de travail, et les remerciements enthousiastes au Souverain Pontife pour avoir permis la reprise du diaconat permanent entre ces communautés. Des réalités qui renvoient toutes deux au christianisme depuis ses origines.

Cohérent avec la valorisation patristique des intuitions de vérité (les «semina verbi») chez les poètes et les philosophes païens, François a cité le texte maya Popol vuh, en expliquant qu’«au cœur de l’homme et dans la mémoire de nombre de nos peuples est inscrit le désir d’une terre, d’un temps où la dévalorisation est dépassée par la fraternité, l’injustice vaincue par la solidarité et la violence réduite au silence par la paix». Et ce désir a un visage, celui de Jésus, a ajouté le Pape.

Un grand enseignement nous vient également des populations autochtones, reconnu à Aparecida par les évêques latino-américains et urgent face «à l’une des plus grandes crises de l’environnement de l’histoire»: à savoir la capacité d’une relation équilibrée et harmonieuse avec la nature, thème au centre de l’encyclique Laudato si’, qui a suscité un grand intérêt. Pourtant, ces peuples ont été incompris et exclus, «bien souvent de façon systématique et structurelle». C’est pour cette raison, a dit le Souverain Pontife, qu’un examen de conscience nous ferait du bien: pour apprendre à répéter «pardon, pardon, frères!».

Le stade bondé de Tuxtla Gutiérrez a ensuite été le théâtre de la rencontre avec les familles, où Jorge Mario Bergoglio a écouté les témoignages de quatre familles et dialogué avec elles. Et encore une fois, le Pape a élevé la voix en faveur de la famille, souhaitant des législations qui la protègent et surtout en indiquant la voie de l’engagement personnel comme antidote à la précarité et à l’isolement, qui est même devenu un modèle social.

En reconnaissant que la vie en famille n’est pas facile, François a appliqué à celle-ci ce qu’il a dit de l’Eglise à d’autres occasions. A savoir qu’il préfère «une famille blessée, qui essaye tous les jours de conjuguer l’amour», à des familles et des sociétés rendues malades par la fermeture sur elles-mêmes; qu’il préfère des familles au visage fatigué et plein de rides à des visages maquillés éloignés de la tendresse et de la compassion, qui sont propres à Dieu. 

g.m.v.

EDITION PAPIER

 

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25 février 2020

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