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​Aux prêtres et aux catholiques d’Italie

Ce sont des paroles exigeantes que le Pape a prononcées à Bozzolo et à Barbiana, au cours de sa brève visite chargée de signification dans ces deux lieux, pour honorer la mémoire de don Primo Mazzolari et de don Lorenzo Milani. Des figures très différentes et qui pourtant se sont croisées, en laissant une trace que François a définie «lumineuse, bien que dérangeante». Deux prêtres à propos desquels Jorge Mario Bergoglio a dit que «les suivre nous aurait épargné des souffrances et des humiliations». Avec la reconnaissance, à la fin de son itinéraire très rapide, d’«une manière exemplaire de servir l’Evangile, les pauvres et l’Eglise».

En parlant de don Mazzolari et de don Milani, le Pape a réévoqué leur histoire, mais il a plutôt voulu en tirer une méditation, en premier lieu adressée aux prêtres et aux catholiques d’Italie. Ces deux figures de prêtres, importantes et complexes, ont en effet été beaucoup étudiées et François a aujourd’hui demandé de les reprendre en considération, également à travers des déceptions que l’on ne doit pas oublier, parce qu’«il ne s’agit pas d’effacer l’histoire ou de la nier, mais d’en comprendre les circonstances et l’humanité en jeu», a-t-il dit à Barbiana.

Dès son arrivée à Bozzolo, le Pape a parlé des curés, en les définissant «la force de l’Eglise en Italie», en indiquant leur magistère et en identifiant l’origine: «Je crois que la personnalité sacerdotale de don Primo n’est pas une exception particulière, mais un fruit splendide de vos communautés, bien qu’il n’ait pas été toujours compris et apprécié». Ce n’est pas un hasard s’il a immédiatement après mentionné la figure d’un «grand évêque, Geremia Bonomelli, protagoniste du catholicisme social, pionnier de la pastorale des émigrés», alors qu’à Barbiana, il a décrit avec des traits essentiels le «catholicisme florentin, si vivant autour de la moitié du siècle dernier» et rappelé don Raffaele Bensi et Elia Dalla Costa.

François a ainsi invité les prêtres et les laïcs à méditer sur les racines, sur un «clergé non clérical» qu’il a reconnu et honoré dans ces deux figures exemplaires. Un clergé qui a toujours cherché à «aimer sa propre époque», sans nostalgies stériles et selon toute probabilité infondées: «Don Mazzolari n’a pas été quelqu’un qui a regretté l’Eglise du passé, mais il a cherché à changer l’Eglise et le monde à travers l’amour passionné et le dévouement inconditionnel». En cherchant surtout les «plus éloignés» et les pauvres, à qui don Milani a voulu redonner la parole, par l’exemple et à travers une éducation exigeante.

De ces brèves heures de la visite du Pape émerge donc une indication simple et radicale qui doit inspirer la mission des chrétiens: «Aimer sa propre époque» et «saisir toute possibilité d’annoncer la miséricorde de Dieu» a-t-il dit en synthétisant la «prophétie» de don Mazzolari. Avec une attention particulière aux jeunes et aux pauvres, selon l’enseignement de don Milani, qui voulut «redonner la parole aux pauvres». Comme on doit le faire également aujourd’hui, quand «ce n’est que posséder la parole qui peut permettre de discerner parmi les nombreux messages souvent confus qui pleuvent sur nous» a dit le Pape Bergoglio. A Barbiana, il a laissé la consigne, pas seulement aux prêtres, de rechercher Dieu et d’aimer l’Eglise, parfois dans les tensions, mais sans fractures ni abandons.

g.m.v.

EDITION PAPIER

 

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13 décembre 2017

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