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Athènes, un sauvetage avec réserve

· :L’UE donne son accord au plan d'aides mais impose un contrôle permanent ·

Peu d'enthousiasme de la part des banques mondiales

Après 13 heures de négociations, Bruxelles a donné son accord au deuxième plan d'aides à la Grèce. Bien que se déclarant conscients des efforts accomplis par Athènes, les ministres des finances de la zone euro ont demandé de nouvelles interventions et un contrôle permanent de la part des autorités internationales. Une mise sous tutelle qui n'effraye toutefois pas le premier ministre grec Lucas Papademos, qui s'est déclaré « très satisfait » par les résultats du sommet. Les autres chefs d'Etat et de gouvernement ont également exprimé leur satisfaction. Les Bourses mondiales demeurent dans l'incertitude: en fin de matinée, les principaux index de l'Union européenne enregistraient de légères pertes.

L'accord pour assurer la durabilité de la dette grecque part du présupposé que la Grèce consolide ses comptes et retrouve un développement primaire en 2013, mette en place des mesures de privatisations et applique les réformes suggérées par la troïka (UE, BCE et FMI). Avec la contribution du secteur privé et public, le rapport entre dette et PIB (aujourd'hui de 160%) atteindra 120,5% en 2020, soit un seuil jugé « durable ». Les 130 milliards d'euros d'aides seront versés d'ici 2014 et seront distribués à travers l'EFSF (Le fond européen de stabilité financière), dans l'attente que le FMI décide en mars le montant de sa contribution (que la zone euro espère significatif).

Il reste toutefois encore beaucoup à faire: pour le groupe euro, il est essentiel que la Grèce soit contrôlée et assistée au niveau technique tout au long du déroulement du programme de coupes budgétaires et de réformes. Pour cela, les envoyés de l'UE, de la BCE et du FMI s'installeront de façon permanente dans le pays. En outre, pour être sûrs qu'Athènes ne soit pas insolvable dans ses futures émissions, la zone euro placera les intérêts sur un compte bloqué toujours contrôlé par la troïka.

La BCE participera elle aussi au plan d'aides en distribuant aux Banques centrales nationales les profits sur les obligations grecques dans son portefeuille. Les Banques centrales les verseront à leur tour aux Etats de la zone euro qui ont accepté de les verser à la Grèce dans le cadre du programme de réduction de sa dette. Les banques centrales qui détiennent des obligations grecques renonceront aux profits jusqu'en 2020 pour les céder à la Grèce et alléger sa dette de 1,8%.

Enfin, l'accord avec les privés prévoit un haircut (le pourcentage de réduction de la valeur d'un titre) de 53,5% sur les titres dans son portefeuille, qui seront échangés (swap) contre des titres à échéance supérieure et qui auront un coupon de 3% jusqu'en 2014 3,75% jusqu'en 2020 et 4,3% après 2020. Le swap des titres partira dans les prochaines semaines et est volontaire, mais la zone euro s'attend à une participation proche de 90%.

De fait – affirment les experts – l'accord représente une victoire des pays jugés plus rigoureux, en premier lieu le Pays-Bas. En effet, la crainte est que les engagements pris par le gouvernement Papademos puissent ne pas être remplis par la majorité sortante après les élections d'avril prochain.

Jean-Claude Juncker, président de l'eurogroupe a exprimé sa satisfaction et a déclaré que l'accord garantit l'unité de l'euro. Le président de la BCE, Mario Draghi, a parlé d'« accord très satisfaisant ». Le président du conseil des ministres italien, Mario Monti, a également applaudi la décision, la qualifiant de « beau résultat pour la Grèce et la zone euro ».

EDITION PAPIER

 

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24 août 2019

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